jeudi 19 février 2009

Ca plane pour moi - AIR FRANCE ou ma 2e maison

Partageons, en attendant le prochain topo sur "Comment se faire embaucher à México", quelques petites expériences-en-l'air retrouvée sur le coin d'une couverture AIR FRANCE volée.







le 12 dec. MEXICO- PARIS, dégoutez moi, dégoutez-moi, mourrons en enfer.
Les péripéties du 21 juillet 2008 sont déjà bien loin derrière moi et je me souviens pourtant avec un sourire émue de m’être tapé la poisse dans un avion rempli de suédois à sandales avec des chaussettes… Mais l’engouement, ce goût de l’aventure que mes papilles se languissaient de mordre à pleine bouche, me donnaient l’impression d’être un fier soldat de ma patrie qui allait explorer les terres sauvages et pleines d’or pour lui rapporter des histoires en chapelet, des images noircies par le voyage, des odeurs dans des petits flacons.
Et effectivement, je suis passée au Duty Free m’acheter un parfum.
Bon. Mais le retour était particulièrement drôle également, heureusement que j’avais avec moi une de mes compagnonnes de voyage, pour que nous puissions finalement rire de ce qui était pitoyable et effroyablement agaçant.
Claire et Moi, qui sommes déjà parties ensemble à NY (pour ceux qui ne suivent pas, et ce sont toujours les mêmes, le fond de la classe, près du radiateur), nous retrouvons toutes les deux en partance pour l’aéroport de México. Pinche trafico !
Nous voilà reconverties en deux jolis stratèges.
Principale préocupation : notre retour. Comment le gérer, comment l’appréhender, qu’en penser, mouline mouline mouline dans ton cerveau, meunier tu dors, scions scions du bois, ya plus de pain chez nous, y’en a chez la voisine, mais ça n’est pas pour nous, youuh, et comment se comporter, et à qui téléphoner, et quand y aller, et pourquoi pas se retrouver ? Dans 13h, nous serons cuites, comme les carottes du Général de Gaulle, PARIS Aeroport Charles de Gaulle, 2 minutes d’arrêt, bonjour, non, désolée, la téquila, ca ne passe pas. Mais ça, c’est pour plus tard.
Principal problème : Claire à bien 5 bagages. Une gigantesque valise, un sac très lourd et de piètre qualité un gros sac à main, un trolley, un autre sac de cabine, enfin, un ordinateur, un sac en bandoulière et un chapeau de paille de touriste qui rentre du Mexique.
Moi je suis fière de n’avoir qu’une seule valise. Erreur Erreur. Cette immonde garce pèse déjà 30 kilos. Tranquille Emile, comme s’ils allaient me laisser passer avec. Et ben non. Ils laissent passer Claire avec es 50 bagages de cabines, mais moi je me tape une amende de 50 dol.
Déjà je me demande si je ne lui referais pas la façade, à l’hôtesse, gratis.
Elle nous met des places à coté avec un sourire jusqu’aux oreilles, alors je prends quelques sacs à Claire et on se trimballe dans les Duty Free pour s’acheter – bien évidemment – plein de bouteilles de Téquila. L’or mexicain, mes amis, l’or ! J’ai même pris du MEZCAL (clin d’oeil au premier rang, ceux qui (me) suivent).
Nous arrivons dans l’avion. Places 48K et 48L… Mais ce sont les dernières places ça, non ? Si si si si si. Le tout fond de l’avion ! Je pense qu’on va être voisines de tous les enfants de 12 ans qui vont jouer à Dragon-Ball Z/Tectonic sur leur siège et que je vais probablement avoir envie de tordre des cous… Mais au fait, non, nous avons la joie d’être entièrement entourée d’une gaie bande de lurons dans leur soixantaine qui voyagent tous ensemble, youpla boum, peut-être étaient-ils tous au Club Med, chouette alors, et il y a du rire gras dans l’air. Mais il est 23H30, alors j’ai sommeil, je ne me bats pas contre le reste de l’humanité, je me laisse m’évanouir à défaut de m’épanouir, les hôtesses ont l’air coincées, le steward est vilain et désagréable, …Allumons la télé.
Et puis il y a Claire à coté de moi, qui n’est pas dans la plus olympique des formes…même réflexe : Allumons la télé. Ah. Sa télé ne marche pas. Pas de bol… Elle voulait regarder des films et tout ça, alors dans toute ma bonté d’une ramollie du cerveau, je propose un échange de place. Négocié. Etablit. Couloir fenêtre, fenêtre Couloir.
La télé ne marche pas mais tant pis. Ah, tiens. Claire allume la sienne, elle ne marche pas non plus. Bon…
Nous mourrons de faim, mangeons et tout ira bien, un bon petit plat français, que nous choisirons en priorité sur le plat mexicain.
Bien évidemment quand on est à la place 48 L, on n’a plus le choix. Alors on aura du mais, comme les poules, et du poulet, d’une certaine façon comme les poules aussi.
C’est dégueulasse mais tant pis.
Nous mourrons de sommeil, dormons et tout ira bien.
Bien évidemment quand on a atteint ce stade là dans l’histoire de la poisse, il faut aussi que nos liseuses ne s’éteignent pas. Vlan, là, en plein sur la tête de Claire, une ampoule d’au moins 3000 watt.
Alors on se regarde, et on éclate de rire. Les deux kosovares du fond du train, clandestines déclarées, retournant au pays honteusement chargées, punies et châtiées par le Dieu du Ciel, Air France, mourrez en enfer.







29 Janvier 2009 *MEXICO-PARIS, AMOR AMOR ! *
MAIS Je peux maintenant actualiser ce message : le retour au Mexique, ou le départ, ca dépend encore et toujours des points de vue, fut un bonheur à part entière :
Non seulement je quittais les 5 degrés ambiants dans un jean trop lâche pour ouvrir les bras à 30 degrés de plus, 2000 mètres au dessus, à deux océans plutôt qu’un seul, à 70% de personnes en surpoid plutôt qu’à peine 20%, bref, UN BONHEUR DE RETROUVER MES PETITS MEXICANOS.
Lyon-Paris. Le genre de petit vols que je déteste, dans lesquels je m’encombre de toute la presse du jour pour avoir l’air intelligent, mais dans lesquels je finis toujours par me casser le cou à dormir acrobatiquement sur ma tablette, et à coups sur – excuser mon manque de classe – je bave abondamment sur la tablette, et quand l’hôtesse viens me réveiller pour l’atterrissage, elle me regarde avec un air de dégout certain.
Et ca c’est quand je n’ai pas ronflé. Au fait je ne sais jamais si j’ai ronflé ou pas, puisqu’à ma différence mes voisins sont des gens distingués qui ne se permettraient pas la moindre remarque. Quoique dans ce vol là j’ai eu l’honneur – hasardeux - d’être juste un siège devant MONSIEUR Courbon, grand homme et oncle de mon (si peu) humble personne, et il m’aurait fait du pied pour que je la mette en sourdine.
Une fois arrivée à Paris, je me baladais fièrement dans l’Aéroport Charles de Gaulle, bombant fièrement le torse devant tout ce gris que j’allais quitter … Quand soudain, semblant crever le ciel, et venant de nulle part, surgit …Corto Maltese !
J’ai donc grimpé dans l’avion en retard, souriant bêtement, essoufflée, éprise, et bientôt sous l’emprise de l’alcool. Rien qu’un peu, c’est sûr, quelques petites bulles pour fêter ça, ce n’est pas tous les deux jours qu’on traverse l’atlantique, qu’on quitte sa famille, ses proches, dans la déchirure la plus totale ! CA SE FETE ! (ho ho ho). Et comme je sais bien organiser les fêtes, j’ai repéré un steward que je me suis rapidement approprié. (D’ailleurs, j’ai voulu la jouer à la mode mexicaine et lui laisser quelques pesos sur ma table en partant, un généreux pourboire, mais il parait que ca ne se fait pas. Air France c’est du luxe, ALL INCLUSIVE.)




ET POUR TERMINER AVEC UN PEU DE PHILOSOPHIE,...

NOTRE ENVOYE SPECIAL


Charles Hamelin a dit : et tu viendras avec moi à SF, on se mettra en colloc
Charles Hamelin a dit : avec lorraine quand elle deviendra Meredith Grey
léo Hamelin a dit : haha
léo Hamelin a dit : et moi je serais qui ?

Charles Hamelin a dit : ben toi
Charles Hamelin a dit : et moi moi
Charles Hamelin a dit : et tu ne seras pas moi
Charles Hamelin a dit : ni moi toi
Charles Hamelin a dit : car je suis moi et tu es toi
Charles Hamelin a dit : on a chacun notre moi
léo Hamelin a dit : c'est beau
léo Hamelin a dit : tu me vois rassurée
Charles Hamelin a dit : mais ton moi n'est pas moi, ni ton moi, ni mon toi
Charles Hamelin a dit : mais ton toi
Charles Hamelin a dit : alors que l'autre est blonde
léo Hamelin a dit : oui parce que si tu te tonds
léo Hamelin a dit : t'es plus blond plus brun
léo Hamelin a dit : tu es perdu
léo Hamelin a dit : tu es roux

Charles Hamelin a dit : et ca change foncièrement le contexte économico-social de la situation
Charles Hamelin a dit : surtout par ces temps de crise
Charles Hamelin a dit : ou la politique est instable et où les dauphins perdent les pédales
Charles Hamelin a dit : ils ont la tête dans le guidon
Charles Hamelin a dit : les pauvres
Charles Hamelin a dit : pauvres bêtes
Charles Hamelin a dit : tu crois qu'un dauphin ca trouve l'eau douce fade?
Charles Hamelin a dit : parce ca trouve pas l'eau de mer trop salée
Charles Hamelin a dit : sinon ils iraient ailleurs
Charles Hamelin a dit : mais quand on leur file a bouffer
Charles Hamelin a dit : ils devraient vouloir rajouter du sel un peu non?
léo Hamelin a dit : oh oui
léo Hamelin a dit : et aussi du pipi de poisson

Charles Hamelin a dit : ils font quelle tronche si on leur donne du sucré?
Charles Hamelin a dit : genre des fraises tagada
Charles Hamelin a dit : ben en fait
Charles Hamelin a dit : ca peut faire une tronche un dauphin?
Charles Hamelin a dit : finalement, on les emmerde
Charles Hamelin a dit : on leur file des Haribos et tant pis pour eux
Charles Hamelin a dit : ils ne peuvent pas dire ce qu'ils pensent
Charles Hamelin a dit : ni nous foutre une mandale
Charles Hamelin a dit : sinon par la force des choses, ils arriveraient aussi à saler le poisson
Charles Hamelin a dit : j'ai mis une minute à écrire tout ça
Charles Hamelin a dit : tu comprends pourquoi j'avance vite? (ndlr : dans mon mémoire)
léo Hamelin a dit : oui
Charles Hamelin a dit : si je t'emmerde tu me le dis

jeudi 12 février 2009

Petit traité d'urbanisme : EN VOITURE SIMONE!

Je me promène beaucoup en transport en commun ces temps-ci. Il y a:

- le métro - un vrai four mais un four efficace et plutôt rapide. 2 pesos le ticket, des lignes dans tous les sens, et surtout DU SPECTACLE!
Il se vend de tout dans le métro, entre 5 et 15 pesos généralement: Des cartes de la ville, des coupes ongles, des lamps frontales, des mouchoirs, des piles, des limes à ongles, des stylos de couleur, ... si vous regardez bien, en fait que des petites choses dont on a besoin (surtout la lampe frontale) au quotidien.
La plupart des vendeurs vendent en réalité des CD. Surtout des CD de musique gravés. Ils rentrent alors dans la rame de métro avec leur lecteur de CD et des enceinte dans leur sac à dos, et ils vous mettent un medley des 50 titres "les plus rocknroll" ou"les plus romantiques" "les plus mariachis" "les plus relaxants" ou autre adjectif alléchant...Le prix: 10 pesos. Si j'en ai déja acheté? Bien sûr. Toute ma musique vient du métro!
Il y a ceux qui vendent des CD avec différents buts: instruire vos enfants en chanson, leur faire apprendre leurs tables de multiplication, etc etc.. Si je l'ai? Non. Mais mes parents auraient bien fait d'investir là-dedans dès mon plus jeune age, parce que même maintenant, assise dans le métro, je peux pas chanter en coeur avec le CD à partir de la table de 4. (VDM).
Et puis après il y a les... comment dire? les Artistes. Avec un grAnd A. Ceux qui donnent de leur personne. Ceux qui viennent vous chanter leur chanson préférée, faire du théâtre, se rebeller contre l'Etat, faire de la guitare, et il y a même (je ne l'ai pas encore vu hélas) des gens torses nus qui débarquent dans la trame, ouvrent un grand drap avec plein de tessons de bouteilles et bouts de verres dessus, s'y allongent, s'ouvrent le corps en entier et pissent le sang, vous demandent une petite contribution et s'en vont (à l'hopital, je suppose).

Enfin, dans le métro, une innovation proposée (et imposée) par le gouvernement: LES RAMES DE FEMME. Evidemment pas des vraies rames pour ramer (parce qu'on a arrêté - au moins officiellement et au moins pour le moment- d'esclavager les femmes , et que d'ailleurs, même si on continuait à le faire, je doute de la moindre utilité de ramer à bord d'un métro... Et encore plus de l'utilité de le faire faire à des femmes). BREF.
Je descends un jour sur le quai et me rends compte alors qu'il est divisé en deux partie (deux tiers un tiers, le tiers en question étant le sujet de mon anecdote: le tiers reservé aux femmes, il faudrait pas non plus imposer la parité TROP rapidement dans ce pays!!). Ce jour là je me rends aussi compte que je suis du coté des hommes, à étudier le plan de métro sans prêter beaucoup d'attention au machisme environnant. Et puis je lève le nez, et me décide alors à experimenter ma veritable condition de femme derrière cette barrière fièrement gardée par un policier. La barrière affiche: "SOLO DAMAS Y NINOS''. Parfait, je peux profiter de ma double discrimination positive, en tant que femme-enfant assumée. J'y vais!


HAHA! le piège! A proximité de la barrière s'agglutinent tous les hommes, la gueule ouverte. Je parviens tout de même à me faufiler à travers la barrière de corail, laissant derrière moi les dents aiguisés des requins affamés. Et puis je regarde... mmh. Devant moi, un, deux, puis trois garçons en vue. Je ne les denonce pas au garde, evidemment, car une petite voix de grand-mère de 90 ans me sussurre à l'oreille "Oh, ma jolie, les garçons sont tous de grands enfants tu sais".
Et puis de toute façon, le métro arrive... Le combat prend définitivement fin dans cette ségrégation positive, puisque quoiqu'il en soit, les wagons sont mixtes.
ET TANT MIEUX! Comment les gens se rouleraient-il des pelles sinon? N'oublions pas que c'est, avec la lucha libre, le sport national du pays. Pourvu qu'on sauvegarde la culture mexicaine, nom d'une pipe.
Et comme si le hasard voulait - et même si le hasard n'est pas sensé vouloir- que je finisse mon expérience sur une pointe d'ironie, je me suis retrouvée en face d'une drôle de pub : Avec pour seule inscription : SEXO 25/II - 2/III Palacio de los Deportes. Et une image évocatrice de deux personnes de sexes opposés l'une en face de l'autre.

Palacio de los deportes... Palais des sports... Quand je vous dis qu'on rigole pas ici, avec les sports nationaux...!

- le metrobus -à savoir un bus rouge à trajectoire fixe qui longe généralement les grandes avenues. Il est efficace, même si on se tape tous les feux rouges, on ne souffre généralement pas du traffic puisque la ligne lui est reservée. Il y fait 50 degrés en revanche, et il coûte 5pesos avec une carte spéciale (oui c'est beaucoup! c'est bien... mh...27 cents)
Le hic c'est qu'on peut très facilement mourir - comme j'ai faillis le faire- en se penchant sous les porches de passages pour voir si le bus arrive... quand il arrive vraiment à fond la caisse! Un conseil : laissez vos voisins de quai se pencher à votre place.

- le tren ligero (pas facile à pronnoncer pour les novices) qui à tout du tramway. 2 pesos. Comme le guichetier est très souvent en pause déjeuner, environ de 12h à 16h30, puis qu'il arrête de travailler vers 17h30, et bien vous pouvez aussi donner 2 pesos à un policier qui filtre les passages... Et pas question qu'il vous rende la monnaie si vous n'avez qu'une pièce de 10. Ca lui paiera son tacos du retour! En soit c'est quand même propre et pas mal ce tram.
Un jour, j'y ai vu une affiche assez surprenante: "Compren me por dos tacos" (Achetez moi contre deux tacos). J'ai trouvé l'offre interessante... mais à y réflechir, deux tacos sont deux tacos, bien de quoi vous tenir "sans la faim" pendant plusieurs jours. Ca ne s'échange pas deux tacos.J'ai donc tracé ma route.

- le pésero - un bus tape cul peint de blanc et vert, le prix varie selon la distance entre 3 et 5 pesos. Un vrai délice! Il y fait chaud, on s'y touche et on s'y bouscule... mais on peut parfois s'asseoir, comme ça, avec les genoux collés au menton, et regarder les amas de voiture de haut. On n'échappe pas au traffic, et surtout il faut être plutôt connaisseur: les arrêts sont rarement indiqués, encoire moins annoncés, tout au plus il y a-t-il une pancarte sur le pare brise des bus avec le terminus et quelques points de sa trajectoire.

C'est pourtant ce que je préfère: il y a toujours des trucs collés à l'avant du bus, et je regrette à chaque fois de ne pas y monter avec mon appareil photo: on va du portrait de la Virgen de Guadalupe, au crucifix, en passant par les dessins d'enfants, les stickers de Walt Disney, les pendants de sapin-qui-puent- les peluches qui se balancent, les produits dérivés des équipes de foot, jusqu'aux symboles rocknrolleux et anarchistes, et bien entendu les poster de femmes à poil. Parfois on ne passe pas par le sticker walt disney entre la Virgen de Guadalupe et les affiches de femmes à poils (cela dit, la Vierge est rarement représentée en femme à poil, et INVERSEMENT).
Et puis il faut dire que la radio qui passe généralement dans les peséro me comble encore plus: la majorité des Mexicains chilangos (ceux qui habitent le D.F - distrito federal) écoutent du BON VIEUX ROCK'N'ROLL. On peut être sûr de taper du pied sur du Queen, Supertramps et Michael Jackson, mais aussi du vrai de vrai comme les Doors, Led Zep, Pink Floyd et autres génies décédés de la musique.

-Viens enfin le Taxi. Il n'y a pas une seule rue à mexico où il n'y ai pas de taxis... ils sont des millions, ils sont pas chers (prix de départ à 38 cents €) sympathiques... Et de niveaux différents: il ya les plus "sûrs" qui sont les Taxis de Sitios (à l'arrêt) ou des Taxis Seguros à appeler par téléphone, dont la course est plus chère. Après il y a une autre distinction que l'on peut faire dans la rue, entre les Taxis du D.F (avec licence) et les taxis clandestins (néanmoins acceptés mais pas licenciés), qui sont dit être les moins sûrs. On choppe rapidement le coup d'oeil, à coup de plaques d'immatriculation différents.
Mais ils sont tellements beaux, ces taxis, surtout les petites coccinelles. Ils se débarassent de leur siège de devant, il ne reste que la banquette arrière, et quand on rentre ils referment la porte avec une grande ficelle accrochée à la poignée, du grand art!
Le bonheur du taxi, c'est souvent, quand on est coincé dans le traffic, de palabrer avec le chauffeur. On nous à dit de ne pas trop le faire, ca pourrait être dangereux, mais il me semble que tant que je ne transmets pas l'identité de ma famille sur 5 générations, le compte en banque de père, mère, et maris (comment ça je ne suis pas mariée? et comment ça 'maris' ne prends pas de "s"?), la photo de ma soeur et la cachette de mon argent dans la doublure de mon sac ; je devrais me garder de tout danger trop flagrant. Moi, madame, je discute des "chôôôses de la vie". Et je tombe souvent sur des perles d'interlocuteurs!
Il y a quelques mois, j'ai eu une conversation incroyable avec un petit vieux nostalgique.
"Ah vous êtes française mademoiselle?
Ah, donc vous mettez du parfum? Oui?
Est-ce que vous mettez CHANEL N°5, puisque vous êtes de PARIS, c'est ce que tout le monde met à Paris, vous savez!
Je l'ai vu à la télé. J'ai vu un reportage sur Paris. quelle ville magnifique!
Et puis vous, vous buvez du champagne! Ca coute combien du Champagne? Dites moi les marques de champagne les plus chères, les plus luxueuses?
Ah oui, oui, je crois que je connais...
Vous savez moi j'aime beaucoup le luxe. Par exemple:
Vous savez, un jour, j'avais une fiancée. Et j'avais voulu être romantique. Alors, vous voyez, je l'avais invitée chez moi, et j'avais tout rangé. J'avais mis sur la table une nape blanche, comme dans les grands restaurants, et puis j'ai laissé que deux chaises! J'avais acheté du champagne pour être romantique... Et je l'aimais beaucoup! J'avais aussi mis quelques cacahuètes et des petites choses salées, vous savez, pour manger...
Moi je suis un romantique... mais de nos jours, les filles n'aiment plus ça... les fleurs, les lettres d'amour, elles s'en fichent les filles.
Elles aiment quoi?
Eh bien... elles aiment les ipod, tout ça...
Elles veulent même plus danser les filles! Et les jeunes, quand je les vois, ils ne dansent même plus! Ils dansent des drôles de trucs, là, et ils se mettent des patates... Ils sont même pas bien habillés! Moi j'aime danser sur les musiques romantiques... Et puis bon, j'ai plus de fiancée.
Et en France, elles sont comment les filles? Elles aiment les choses romantiques? Il parait que les françaises elles n'aiment rien, qu'elles veulent tout avoir toute seule, sans rien qu'on leur offre. Il parait qu'elles s'en fichent des hommes galants. Mais moi je me demande... elles aiment qu'on leur offre des fleurs? qu'on tire leur chaise au restaurant? qu'on leur écrive des lettres d'amour? Qu'on s'habille bien avec un beau costume pour leur dire des poèmes...? "

jeudi 5 février 2009

TROIS P'TITS TOURS et puis s'en vont



1. LE TOUR DU QUARTIER

Me voilà depuis une semaine rentrée, ou repartie, cela depend toujours des points de vue, "en la ciudad de México"! Mes deux pieds nouvellement nus et libres, sous le soleil et dans le vent encore frais.
Pour les aficionados et connaisseurs du Mexique: un nouveau quartier à México D.F, la ROMA NORTE. Central, central et bien desservi, bien desservi par de grands axes, de grands axes plein de traffic.
Agréablement près d'autres quartiers très beaux et très bobo-chic, du type "la condesa"...où s'offrent à nous des vrais expressos et des terrasses au soleil, de grands parcs bondés d'enfants, de vélophiles, de vendeurs ambulants, de chiens en laisses et de rouleur de pelles.
MEXICO, le RETOUR!

Je me balade timidement, donc, dans mon nouvel aquarium...
- Tout d'abord, l'appart: le loyer est suffisament dérisoire pour la taille de notre nouveau nid de dindonnes. Agathe et moi, uniques et meilleurs collocs existant à México avons un grand appartement avec deux chambres, un salon, une salle à manger et une grande cuisine. Parfait. Comme Agathe est arrivée 1 mois avant moi - j'avais quelques affaires socio-politico-economico-sentimentales à régler en France- il m'a fallut quelques bouts de scotchs pour me sentir chez moi. J'ai découpé tout ce que j'avais sous la main pour pourrir un peu ces grands murs fraichements repeints, ait collé toutes les têtes souriantes de mes amis et de ma famille dans ma chambre, ait accroché des chapeaux de paille ci et là, rangé mes affaires dans notre immeeeense dressing (j'adore les dressings, darling) et ait finiolé la logistique de la cuisine en départageant le sucré et le salé. Agathe n'a rien dit car j'ai rapporté des tonnes de saucisson, fromage, chocolat, et bout de gras, autant de fleurons de notre beau pays la France, en somme. Amis mexicains, un conseil, il n'est pas difficile de flatter les jeunes françaises:
une grosse miche de pain, du frometon et du pinard! Elles vous offriront en échange leur plus beau sourire (d'haleine douteuse), et peut-être même leur plus beau déhanché de poignées d'amour au son nostalgique des accordéons.
- Les premiers pas ex-apartamento: Au coin de la rue un petit vendeur de jus frais... Il est parfait celui-là, 1e le litre, avec ou sans pulpe?
Mais il y a surtout cette gigantesque pharmacie. Les pharmacies sont une vraie institution dans ce pays, pour deux raisons essentielles:
1. Elles sont concurencielles à mort, et la plus part d'entre elles affichent des sloggans du genre "Pareil, mais moins cher".
C'est un peu comme si je me mettais derrière le comptoir avec une blouse et que je disais:
"Vous voulez des antibiotiques contre la grippe? Je vous donne notre traitement pour les dents de sagesse, c'est pareil mais moins cher".

"Bonjour madame. Vous voulez une aspirine? Venez par-là, je vous masse 3 minutes les pieds, c'est pareil mais c'est moins cher"
2. Elles vendent de TOUT. Vous ne pouvez même pas imaginer. Celle au coin de la rue est un très bon exemple. Vous y trouverez:
- un distributeur d'argent
- un distributeur de bonbons et de chewing-gum
- un bac de cones glacés, magnum et autres douceurs sucrées
- un frigo avec du coca, du fanta, du sprite, du canada dry etc etc etc...
- du shampoing, du déodorant, du gel (surtout!) et tous les produits de salle de bains nécessaires à votre toilette. Y compris le nécessaire à rasage.
Bien. Que des choses utiles après tout.
Et surtout: le pompon qui en fera sauter plus d'un au plafond: des clopes! bah oui. Logique!
Quoi de mieux qu'une pharmacie pour vous vendre des clopes? Quoi de mieux qu'un pharmacien pour vous facturer environ 2euros votre paquet de "grosses clopes", en vous regardant droit dans les yeux et avec un grand sourire?
Voyez-vous même, derrière la vitrine...

Je n'ai pas demandé encore s'ils vendaient de la drogue ou bien des armes. ca ne saurait tarder.
Quoi d'autre d'affriolant dans le quartier?
- J'ai bien ri en passant devant deux restaurants l'un à coté de l'autre : l'un s'appelait "La casa de la abuelita" (La maison de la petite grand-mère). L'autre à coté disait "La nuestra no tiene abuelas" (La notre n'a pas de grand-mères)! Pas fair-play, mais bête facile et méchant, j'aime bien!
- Un marché pas très loin, où ils vendent de tout tout et de rien. Je note un nouvel élement que je n'avais pas encore croisé dans le coin: mini-jupes et autres tenues d'habillement qui vous laissent néanmoin deshabillées. Je souris... c'est l'été!? ou alors l'émancipation de la femme? On fait brûler nos soutiens gorges ou nos maillots de bains? Hein, quoi!
- Des petits restaurants mexicains pas chers et tout simples. Vous avez de l'eau? ah non. Vous avez du coca? ah non. J'aimerais prendre un médicament, vous avez quoi? Ah oui, vraiment que de la bière?...
-Sans compter que toute une partie de notre quartier, depuis quelques jours: n'a pas d'eau. Je ne me noierais pas dans le sujet, car les inconvénient techniques relevant de ce genre de problèmes relèvent souvent de carrelage de cuisine ou de salle de bain. Oublie la vaisselle, la douche, les mains, la chasse d'eau, le ménage, en bref, vit dans une décheterrie et essaie d'être de bonne humeur. Un vrai challenge... ces jours là, je regardais tout particulièrement les gens du quartier justement. C'était assez agréable de se dire que, finalement, personne n'était lavé. Comme moi. Mais on se lasse assez vite de cette fantaisie là. Un soir, un de mes amis allemands que j'ai hébérgé quelques jours lors d'une dernière escale à México est monté sur le toit. J'ai su après qu'il avait en tête d'aller faire pipi là-haut... il aurait peut-être dû me parler de ce projet pour que je l'en dissuade, car il y a quelqu'un qui habite sur le toit. Et qui est evidemment sorti quand il a cru entendre un parasite pisser allègrement sur sa terrasse... Mais j'avais dit que je mettais de coté tous ces détails. Passons!
-Un tatoueur pas très loin de la maison... C'est décidé. Je ne rentre plus jamais chez moi avec un coup dans le nez. Trop dangereux.
"AMO A RAUL Y ERNESTO Y... FERNANDO TAMBIEN" tatoué sur le ventre, ca serait moyen. (quoique peu probable, je rassure tout le monde)

LE TOUR DE LA VILLE
La ville...parlons-en.
Je me promène un peu.
Et puis, comme nous étions le 2 février, il y avait quelques choses d'assez intriguantes... D'abord nous avons vu des gens se trimballer avec des poupons dans des paniers. Evidemment, moi j'ai pouffé de rire comme une baleine enrhumée "roh ho ho ho, agathe, regarde, le vieux mec avec sa poupée"... Agathe "mais oui, c'est jésus!" ... Ca y est je suis perdue.
"Oui, il amène sa reproduction de jésus pour la faire bénir à l'église".
Bah ouais. Normal. Quelle idiote cette léo. Tu savais pas qu'il existait à travers le monde des crèches pour les poupées des grands enfants? sotte que tu es, léo, sotte! oui!
Mais, effectivement, il y avait plein de gens qui se baladaient avec des poupons ressemblant de près ou de loin (de toute façon, qui sait?) à Jesus.
On aurait dit une crèche vivante, 2000 ans après la naissance de Jésus, entre les tacos et la pollution: Offrez vous la poupée DF451, meilleure imitation mexicaine du messie, offrez ça à votre belle-mère, votre mari, vos enfants, un cadeau pour toute la famille!
Bien j'exagère. Mais j'étais particulièrement étonnée.
D'autant que j'étais pas au bout de mes émotions: un peu partout dans le quartier il y avait des grandes statues de la vierge, avec des offrandes autour. Bon. Pourquoi pas. Mais en nous approchant, on a moins fais la malignes...: "haaaaaaa"!
Les statues de la vierge sont bien des statues de la vierge. Mais pour nous surprendre, elle sont des statues de la vierge MORTE. bah oui, quoi. Jésus, lui, il a ressucité, mais sa mère, la Maria, elle a jamais prétendu être immortelle, si? non! bon. Ben voilà. Février 2009, elle est bien là, devant vous,, MAIS ELLE EST MORTE.
Vous serez sympas de faire avec.


















Le prochain épisode s'axera également sur la ville, répondra à tous vos doutees: pourquoi certains petits rockeurs ont il le nez pointu, pourquoi il y a t'il des compartiments de femmes pleins d'hommes, pourquoi les mexicains se roulent autant des galoches (non je mens ca je n'ai toujours pas trouvé pourquoi) (sans doute parce qu'ils s'aiment. ou qu'ils aiment ça) je m'égare.
Bref, un vrai tour de la ville, en métro, cette fois-ci, car c'est en métro qu'on se marre le plus et qu'on découvre tant de choses, c'est bien connu.
Au prochain épisode, qui arrivera bientôt donc, car je change mon confit de canard écrit pour le remplacer par ce que les temps qui courent nous imposent à tous: du bon gros fast food!
Rapide, pro, un peu drôle, quelques photos, ceci toutes les semaines, et hop on y est. Je laisse donc dernières moi les centaines de pages de remuages intellectuelles sans fin, me réservant le droit de replonger en cas d'extrême envie.
LE TOUR DU MONDE
Pour ce tour du monde, donc, rien de bien excentrique, rien qui ne vous fera voyager, puisque: déjà on est au mexique et j'aimerais qu'on s'en contente, et surtout parce que je n'évoque pas le monde à galilé-ment parler, sinon le monde...le monde, comme... le Gratin! ce monde que tout le monde pense être siiii "petit", ce monde qui reluit de toutes les facettes des bagues en diamant qui ressemblent plus à des boules de discothèque qu'à des bijoux.
J'exagère (je ne sais faire que ça) mais vous poste plutôt quelques photos de ce que furent plusieurs soirées en l'honneur de la nouvelle exposition de David Lachapelle, photographe New-Yorkais, où nous avons pu accéder grâce à Agathe qui travaille maintenant pour Nylon, une revue de mode. CUIDENSE, HASTA LUEGO, et autre mexicanitudes de bonne augure.




samedi 22 novembre 2008

Une histoire de gazon en plastique.

Jules Renard a dit "Les absents ont toujours tort"... et vous aurez raison de penser: "Merci léo, mais tu n'es pas obligé de citer Jules Renard quand tu sors un proverbe populaire."

Je sourirais alors calmement et vous demanderais de ne pas me couper la parole :

Jules Renard a dit "Les absents ont toujours tort ... de revenir".
Je reviens au Mexique après l'avoir abandonné à son sort pendant 11jours... et je suis revenue!
Quand nous partions vers l'aéroport avec Claire, avec qui nous avons la folle idée de partir, et le culot de le faire, ce mercredi 29 octobre au matin, le conducteur du taxi était particulièrement bavard et curieux, sur notre pays, nos vie, la raison de nos exils...

Il a dit "vous partez aux Etats-Unis? Alors vous ne reviendrez pas, vous ne voudrez jamais revenir au Mexique" "Pourquoi? s'insurge Claire, bien sûr que si!"
Qu'est ce que fut alors New-York? Une parenthèse? Très certainement. Une parenthèse dans laquelle on aurait écrit en gras, italique et souligné, parce que, quand même, nous ne sommes pas n'importe où : nous (pause) sommes (pause) à (pause) New-York.
Avec toute l'insolence du monde, nous sommes à (New-York). Objection de mon propre ministère de l'intérieur (qui n'échappe pas à sa condition intrinsèque de perpétuel rabat-joie cynique): "Bon bah ca va aller Léo, calme ta joie, c'est pas comme si t'avais jamais voyagé".
Certes...mais si j'insiste c'est pour le Mexique.
L'enfant capricieux, bruyant et joyeux, l'enfant beau comme la terre et dont les yeux clignent, vous laissant voir en eux la mer des caraïbes et l'infini, le soleil et le froid, les ruines de son passé sous ses pieds, mais il tient dans la main la cloche espagnole dont le bruit résonne dans les fossés qu'ont vidé le passé. L'enfant dont la maison est de tant de couleurs, qu'un soleil au zénith, qui se posterait fièrement, ambitieux, orgueilleux, devant une averse tropicale, ne pourrait reproduire dans ce pédant cliché d'arc-en-ciel, aucune d'entre elles.
Mon enfant, nous te laissons, nous te reviendrons!
(Voyez vous ca, léo, Eléonore Hamelin, (je précise mon vrai nom pour tous les non-intimes qui m'espionnent avec raison ou déraison) se prend pour la mère d'une patrie, qui peut-être n'a pas de devise nationale, ce n'est qu'un enfant après tout ; qu'un enfant de 106 682 500 habitants et d'une superficie de 1 972 550 km². Beau (gros) bébé!)
Petit topo: j'ai découvert que la traduction d'"arc-en-ciel" mot plutôt simple de compréhension en français l'est beaucoup moins en espagnol : arco iris. Alors pourquoi "iris"? En référence au végétal, peut-être "plus de 210 genres de ces iridacées et plantes à bulbes, botaniques ou horticoles", bref l'embarras du choix, le même embarras qu'inflige l'arc aux artistes et pauvres décorateurs d'intérieur. Quelle misère.
Ou alors peut-être est-ce une référence à la mythologie Grecque, Iris, messagère d’HERA (sœur et femme de zeus : c’est dégueulasse, et déesse de tous les trucs de femme au foyer). C’est Iris qui s’occupait de l’entretien, cela dit, toujours à exécuter les ordres de sa patronne, faire sa toilette, par exemple, quand Héra rentrait des enfers, la gentille Iris l’enduisait de parfums pour la purifier. Elle faisait aussi des trucs un peu plus hors-norme : elle devait être un peu coiffeuse puisqu’elle coupait « le cheveu fatal » des femmes qui allaient mourir.
Bref. Pour le moment, pas de quoi casser 4 pattes à un canard, Iris n’est qu’une souillon !Pas si vite Papillon, voilà la réponse (très forts ces grecs) : Iris est représentée le plus souvent comme une gracieuse jeune fille, dont les ailes brillent de toutes les couleurs réunies ; l’arc-en-ciel, puisque c’était notre question, n’était au fait que la trace laissée par son pied lorsqu’elle descendait de l’Olympe jusqu’à la terre porter un message.
Fort heureusement, le climat mexicain n'impose pas à ses pauvres habitants ce genre de bran...Gymnastique intellectuelle, et pour cause, ils ont pensé à tout: le climat étant tropical, quand il pleut il pleut, quand il fait beau il fait beau.
Toujours est-il que Jules Renard nous provoque, décidemment, car il est vrai que nous étions bien à New-York... Le froid de la ville, son culot de mégalomanie, son charme, pourtant et sa population, belle et de toutes les couleurs (en deux mots le symptôme benetton) ; au fait son incroyable caractère nous a fait un moment oublier le Mexique.
Certes, nous répandions dans chaque couche où nous nous arrêtions de la Tequila et le récit de ce que vous offre une vie à Mexico, et pourtant...?
Me voilà, capable, plus que jamais, à faire mon putsch ici comme il se doit. Je vous rappelle que c'est tout de même le but suprême de toute cette entreprise, et que vous le vouliez ou non, vous êtes désormais complices...et prévenus. Et comme Jules Renard et les autres prétendent: "un homme prévenu en vaut deux", alors nous voilà plutôt nombreux à soutenir ma cause! Je m'en réjouis. Pour qu'une troisième intervention française soit une réussite, il faut considérer les erreurs passées. Etant une grande amie historique de Louis Napoléon de Bonaparte, devenu Napoléon III par admiration pour Tonton et parce qu'on n'est jamais un Bonaparte au pouvoir sans devenir un Napoléon, bref, étant sa grande amie je sais ce qu'il a mal fait.


Premièrement, le frenchie s'est dit "C'est la guerre napoléon'', il faut donc y aller. Profitons du bordel qui secoue le Mexique dans les années 1860, et je vais pouvoir y installer tranquille Emile mon pote Maximilien...Tout ca pour quoi? Une petite hacienda en guise de maison de vacances? Pourquoi pas...mais surtout me faire pote avec le Pape en lui disant que là-bas, les anglo-saxons ne mettront pas leurs vilaines pattes, ca sera un empire, oui, et un empire catholique, s'il vous plait! Agissant de cette manière notre ami Napo se mettait sa femme dans sa poche, cette sainte femme, car elle était très religieuse la bougresse. L’impératrice Eugénie Montijo, de surcroit, parlait espagnol puisque elle est originaire de Grenade (et pourtant croyez moi ca n'est pas une bombe: clap clap clap quelle bonne blague)Mais nous pouvons nous arrêter là : Le sot a donc fait un première grosse bêtise: écouter sa femme.
Croyez-moi, je ne tomberais pas dans le même panneau. (Tomber dans le panneau, quelle drôle d'idée, tomber sur, trébucher sur, se prendre le, mais tomber dans? mystère, hirondelle et papillon)
Autre bêtise : croire que les futurs rois du monde, j’ai nommé les américains, allaient laisser un empereur FRANÇAIS (AH LES CHIENS !) se mêler de ce qui ne le regarde pas, nos voisins et amis de chouille, les mexicains ? Avec la moustache qu’arborait alors Napo Très, c’était d’avance griller pour lui, les américain on filé des armes aux gros, et les gros on viré Napo, PLEIN GAZ ! Au fait, on a globalement gagné un peu partout, Napo et son peuple, à part une petite taloche militaire desservie à Puebla, mais qu’importe, le gros moustachu/barbu est rentré à la maison boire du pinard, et Maximilien s’est fait exécuter à Santiago de Guanajuato, où j’étais la semaine dernière : un village superbe ! Vraiment !
On perçoit donc BIEN EVIDEMMENT les deux autres erreurs commises par Napo : il a délégué ! Il n’a pas été suffisamment fort pour assumer qu’il allait faire un putsch à lui tout seul, alors il a fait comme siiii, au faiiiit, c’était pas vraiment lui mais aussi son pote Max qui voulaient se marier là- baaas, alors vous comprenez, comme ca, entre nous, on pourrait s’arranger… NON NON et NON. Un chef c’est un chef, et Napoléon aurait du dire haut et fort : « C’est MOI le chef ! C’est Moi qui décide si c’est le grillon au cauchemar».

Petit astérix : pour tous ceux qui ne comprennent pas mes petits dérapage avec Napoléon, je vous prie de bien vouloir aller vous renseigner en deux temps trois mouvement ici : http://www.youtube.com/watch?v=Gq_EvK8BAuw : je vous rassure c’est complètement idiot et génial.
Troisième erreur : Napo a sans doute voulu bien faire en portant la moustache, mais en réalité il s’est complètement Equivoqué ! Oui messieurs ! Car au Mexique on porte FIEREMENT la moustache, grande, petite, fine, taillée ou touffue, mais jamais O grand jamais, les mexicains ne porteraient à la fois la moustache ET LE BOUC ! Duo perdant !Et Napo a perdu.
Alors voilà. Revenons à nos moutons, pour m'actualiser un peu sur les méthodes impérialistes les plus efficaces de nos jours, rien de tel qu'un petit tour coté US en pleine période électorale. Voilà comment j'ai été à l'école pendant 11 jours chez les voisins... Et c'était incroyable! New York, la grande pomme (c'est justement comme m'appelle mon père): nous étions donc faits pour nous plaire!
Les 2 premiers soirs/jours nous nous planquâmes dans Harlem, dans une auberge de jeunesse pleine de jeunes. L’endroit était une vieille maison retapée avec plein de lits superposés, quelques canapés et casiers, et surtout avec des salles de bains d’époque. Autant dire qu’il fallait faire la queue le matin pour avoir la chance de prendre une douche avant 14h.Mais c’était très sympa, des jeunes cubains tenaient l’endroit, vraiment « buena onda » comme on dit chez les mexicains.
Et puis quelques jeunes paumés, un italien de 30 piges, des verres de lunette comme des culs de bouteille, qui veut devenir architecte aux Etats-Unis mais qui n’arrive décidemment pas à se mettre à l’Anglais…
Beaucoup beaucoup de français, ou de francophone, même des lyonnois, fou, l’un d’entre eux, en me croisant dans la cuisine a même osé « dis donc tu es lyonnaise toi non ? » HORREUR ET PERDITION. « Euh oui mais…MAIS POURQUOI TU DIS CA JE T’AI RIEN FAIS MOI !? ». Ma grande peur, de toute évidence, fut qu’il n’évoque alors un « accent lyonnais ». Heureusement, il s’abstint…en revanche sa réponse n’avait rien de plus étonnant (et donc effrayant), il ne m’a pas dit que je puais le Saint-Marcelin, certes, mais il a dit « tu t’habilles comme une lyonnaise ». Entre mes dents, l’incontournable « et ta sœur » a sifflé en silence. Gros nase va, ca s’habille comment une lyonnaise, ca se met des saucissons en ceinturon ?
Oui. Donc tout ca pour dire que New-York REGORGE de français de toutes parts, et pour cause, on n’y avait pas pensé, mais c’est la Toussaint.
Autre rencontres Harlemesque, bien que soyons peut restée à l’auberge, David M, un jeune poète et écrivain de livres de sciences-fiction pour enfant, habitant dans cette auberge par faute de moyens, hollandais, et ayant pour particularité de ressembler comme deux gouttes d’eau à Adrian Brodi, le même costume noir trop court au niveau des pieds. C’est lui ! Du coup j’ai accepté de lire ses poèmes… qui parlaient des thèmes très peu cliché de l’amour heureux et l’amour déchu, la politique qui mène au chaos, et l’envie d’ailleurs ou les corbeaux n’existent pas. Bon. N’empêche qu’il ressemblait à Adrian Brodi !
Donc nous voilà à traverser la bonne humeur de Harlem dans le soleil, boire des Starbucks le matin, et traverser Central Park à pieds. Le froid est là, il nous glace mais nous enchante, nous respirons comme nous ne respirerions pas au DF.
Nous sommes Vendredi, et ce vendredi n’est pas n’importe quel vendredi : c’est Halloween !Comme prévu, à partir de ce soir c’est Marianne qui nous accueille dans sa colloc, Upper East Side. Enfin qui m’accueille moi toute seule, car pour la première fois du voyage, nous déchirons notre duel avec Claire, elle va rejoindre un de ses amis avec qui elle passera la soirée, folle, je crois, dans une soirée minimale, circo loco et c’est toi le loco, nous la récupérerons que 48h après.
Quant à moi je débarque chez Marianne, son appart est très cool, elles sont trois filles dedans, et en plus il y a plein de petits fours car un apéro se prévoit ce soir même. Comme je n’ai pas eu la présence d’esprit de me ramener avec un déguisement, je vais où m’indiquent Marianne et ses collocs, au « rickys »… il est 18h, 19h peut-être, autant dire que le magasin ressemble à une aire d’autoroute au départ de la côte d’azur un 16août (dit la fille qui n’avait jamais conduit) (mais on se comprend) ; et je me cherche donc un accoutrement pour la soirée. Ce qui a de drôle dans ce magasin (et dans tous les autres), c’est le choix de costume pour fille.
Excusez-moi, car je vais être vulgaire, mais le choix, donc, se résume à ca : pompier-pute, femme de ménage-pute, infirmière-pute, Marie-Antoinette-pute, pirate-pute, sorcière-pute, policier-pute, prisonnier-pute, pute-pute, et nous y sommes. J’ai choisi : marin-pute. Le même chapeau que Popeye et un seule et même bout de tissu pour faire haut et bas…soit. J’ai quand même eu la décence de rajouter des habits un peu en dessous un peu au dessus, pour être reléguée au rang de mousse-pute. Suffisant !
Ce soir là, j’ai donc dit à Quentin que je le retrouvais. Quentin, parisien, voisin, collègue, complice de chouille, de gueule de bois, de voyage en caddie et de bulle de savon, joie de revoir sa tête d’égyptien, descendant du grand rabbin d’Alexandrie, parait-il. Chez lui, d’autres têtes blondes bien connues de Sciences-Po, et des bons cds de « électro hamburger » mixée par son colloc, qui , soit dit en passant, aime beaucoup les chiens, et d’ailleurs il y a des chiens dessinés dans la salle de bain. Oui monsieur.
Je ne devais passer que pour l’apéro, mais je passerais finalement la soirée, faisant imbécilement l’impasse sur ce qu’il se passe alors dans l’appart de Marianne, mais ainsi va la vie. Je rigole bien, et puis il y a un pirate, un curé, un Beatles-tout-seul, Bonnie sans Clyde, Miss last minute, et j’en passe des plus vertes et des moins mûres.Toujours est-il que le plus drôle de l’histoire se situe sur le chemin du retour : déjà, au lieu de marche tout droit vers le métro, comme une jeune femme m’avait contraint à le faire, je suis aller manger une pizza avec trois inconnus très sympathiques.
Et puis j’ai eu envie de faire ma sieste, après tant de gras, (pas comme si le Mexique m’y avait mal habitué, mais le Mexique m’a aussi habituée à faire la sieste) alors j’ai pris un Taxi. En arrivant devant la porte, j’ai sorti le trousseau de clé que Marianne m’avait gentiment confié en étant très très claire : « tu tournes à vers la gauche, pas vers la droite » elle m’avait même fait essayer. Mais je ne sais pas, ce soir là, mon cerveau était déjà sous son sombrero en train de dormir, alors j’ai tourné à gauche. Et comme ca ne marchait (évidemment) pas, j’ai tourné plus fort et plus fort et encore plus fort. Popeye a du s’emparer de moi un instant car sans même que je ne me rende compte, CLACK, la clé était cassée en deux… un bout dans ma main, l’autre dans la serrure.
Oh, la boulette
Je suis donc restée plantée devant la porte, sans trop savoir quoi faire. J’ai commencé à regarder la liste des noms des habitants de l’immeuble sur l’interphone, en pensant que peut-être l’un d’entre eux aurait écrit à coté « vas y tu peux sonner chez moi a 4h du mat’, j’suis sympa »… mais non.
Enfin en tout cas, pas dans le début de la liste. Quand j’étais à peu près au milieu de la liste, un homme, la trentaine, costard, est arrivé.Je me morfonds en excuses malhabiles « I’m sorry but the key broke, and now it’s stuck and… ».
Il regarde.
Puis il tourney des talons en me lançant “I’m going to look for some tools ».
Des outils?
Mais? Il est 4h du mat, il y a rien dans la rue là ? Je reste la bouche ouverte et les bras ballants sur le pas de la porte, ahurie par la remarque du voisin et par ma propre condition, très inconfortable.
Mac Gyver reviens, évidemment sans outils, et dit « I couldn’t find any tools ». J’ai toujours la bouche ouverte et les bras ballants… Cet homme est-il saoul ou juste complètement allumé ?
Toujours est il qu’il s’est penché sur la serrure, que je venais de triturer avec une épingle a nourrice de la taille – atypique- d’un double décimètre, et avec sa main, hop, comme ça, nonchalamment, il a retiré le morceau de clé qui obstruait la serrure. Ma bouche se bée encore plus.
Il peut alors y mettre sa clé –intacte, quelle chance- et ouvrir, tout en me laissant passer. Je suis un peu plus habile avec la seconde porte, je rentre, personne n’est là, j’enfile mon sac de couchage orange comme la limace, et entame enfin ma sieste mexicaine avec un sourire d’enfant.
Le lendemain, je me suis réveillée, ce qui a soulagé Marianne qui a cru que j’étais morte dans le canapé du salon – qui s’était replié sur moi pendant mon sommeil (ou alors je ne l’avais pas déplié ?)
(J’ai toujours été très mauvaise pour déplier les clics-clacs. Et je déteste qu’on me dise « mais c’est simple…clic, puis clac...comme son nom l’indique ». Ouais. Bah moi je ne sais pas faire. C’est une incapacité physique, merde, un peu de tolérance ! Est-ce que vous avez déjà dit à un cul de jatte : « mais c’est simple, mets un pied devant l’autre »)

Bon. J’ai donc partagé un petit dej interminable avec Marianne – de toute façon il n’u a plus d’eau chaude, et avec le froid qu’il fait, on peut bien s’éterniser avec des Corn Flakes. Nous nous sommes raconté nos vies avec une simplicité à la fois étrange et exquise ; puis on s’est bougée dans le lower east-side, vers Soho, à la recherche de beaucoup de jolies choses. Par un miracle, Claire a réapparu dans la soirée, elle me raconte ses exploits en s’engouffrant une part de pizza, je déguste.
Le lendemain, un réveil en musique. Tiens ? C’est dehors. On comprend en sortant de l’immeuble, dans la rue adjacente, des gens courent tous en file, avec un numéro sur le dos. Ca n’est pas le salon de l’agriculture qui se produit en plein air, c’est le marathon de NY. On doit le contourner, on va prendre un brunch un peu plus loin avec Marianne, Claire, Mylène et un de ses amis.
Qu’on ne se demande pas après ce brunch pourquoi j’ai philosophé pendant 15h30 sur le retour à New-York. Parce que dans le mot « dépayser » on voit bien qu’on nous enlève d’un pays, mais il y a plusieurs niveau… et là nous sommes dans un établissement français en train de manger du fromage ! C’est dimanche, et le seigneur devait être de bonne humeur, je bâfre mon brie avec un appétit dé-brie-dé.
Mais Harlem nous manque déjà et nous y retournons pour la messe gospel de 15h. Après avoir traversé la ville dans le froid saisissant, nous nous retrouvons devant une église à la porte fermée. Le Seigneur n’était peut-être pas de si bonne humeur, et même pour l’asile politique de deux jeunes filles doublement jetées hors de chez elle, d’abord de la patrie des Droits de l’Homme, puis de la patrie des Gauches de l’Homme, perdues, congelées,…nous perdons espoir : nous rentrons dans un bar. Sans faire exprès, nous rentrons dans un bar génial, le Union Black je-ne-sais-quoi, où se joue un concert de jazz dans une ambiance tamisée qui nous réchauffe les oreilles et le cœur.
Les serveurs sont géniaux, l’un d’entre eux me parle de Lyon et de son amour pour la ville (dis donc, c’est bien la première fois depuis 5 mois que je parle autant de Lyon avec des étrangers), l’autre a le visage joyeux, son regard n’est qu’un gigantesque sourire. On rit, il fait des blagues, ho ho ho, tout ca. Et puis, « comme on vient du Mexique » il nous offre un shot du Téquila, qu’on est bien obligées de boire. « Mais il est 16h là… » « Et alors ? T’arrive du Mexique ou non ? » Il s’appelle Omer (comme dans les Simpsons mais sans le H) et il est Israelien, et si vous voulez son numéro je dois pouvoir le retrouver derrière la carte du bar qu’il m’a glissée innocemment sur le comptoir avec un clin d’œil.
Bref. Petit aparté très sympa, mais on a quand même fini par s’en aller, ré affronter le froid avec un peu d’alcool dans le sang, qui ne connait pas cette technique ancestrale ? (eh bien les Mexicains pardi ! Qui n’affrontent pas le froid, mais qui, plutôt, vous font l’affront d’être tout le temps chauds). (Léo c’était médiocre ca).
Nous nous sommes baladées selon les vœux de mon père, Al, qui m’avait envoyé un petit mail « ma puce, il faut que tu ailles sur Staten Island à la tombée du jour, et que tu reviennes tout de
suite après vers Manhattan. Tu vivras alors l’émotion qu’ont vécu les premiers migrants aux Etats-Unis ».
J’ai apprécie l’envolée lyrique de Al… mais si je peux me permettre de lever le doit timidement, Papa…tu pensais à quoi ? Penses tu vraiment que les premiers migrants avaient devant eux les plus grands buildings du monde, illuminés et illuminant la ville entière ? Non. Bon. Mais l’émotion y était, le froid aidant, la nuit tombant, et tout le tsointsoin. Et j’ai obéit à Papa. Alors j’étais fière de moi à distance et par procuration.
Nous avons ensuite fait un saut pour récupérer nos affaires et filé chez Chris, une amie de Claire de Paris qui bosse ici à NY et qui était ok pour nous héberger le reste de notre voyage. On arrive devant le 45, Orchard Street, et je scrute l’interphone selon les indications de Claire. Sortent une jeune fille et un guitariste, elle nous indique le chemin, puis réalise que je suis peut-être son hôte, voit Claire, réalise pour de bon, et nous laisse monter en avant, elle raccompagne son pote. On toque à la porte du 7e étage gauche, avec nos valises et notre style de manouche en temps de grands froid… 5 mecs sont dans un salon en train de jouer à la playstation « on est des amies de Chris ». Ils nous laissent rentrer, pas passer devant la TV, faudrait pas déconner, mais en tout cas c’est un appart qui à l’air canon, et tout le monde commence déjà à nous chambrer : on risque de se marrer.
On fait le tour du propriétaire, c’est un appart canon, il y a même des murs en brique rouge et un poster de Chirac, 5 collocs, à la base, mais au final 12 habitants, ils recoivent beaucoup ces temps ci, et puis à l’étage, il y a une graaande terrasse, c’est ouf !
Pas le temps de dire ouf que nous sommes prises en charge, discutons et blablassons, nous retrouvons à une grande table dans un restaurant Argentin (qui à l’incroyable toupet de mettre à son menu du jour « RECESSION MENU »). Dîner très sympa, marrant et plein de rencontres… notre entourage nous change de notre ambiance « étudiant dégueulasse au Mexique », et c’est assez grisant.
La semaine s’est rythmée de soirées complètement folles, de brunch réparateurs et de visites éprouvantes… les musées, les rencontres incongrues, beucoup de discussions avec Claire, et les fous rires. On a bien exploité le Lower East Side, on a été faire nos idiotes à la patinoire, commencé en s’accrochant aux rembardes, puis l’un à l’autre, puis toute seule et à deux à l’heure, et enfin, les cheveux au vents, zouh, vas y que je dépasse tout le monde, et hop, vas y qu’on se mette à discuter en même temps, et VLAAAN vas-y que léo se pète la gueule en avant, boum sur les fesses, trempée, éclatée de rire, mais blessée, et derrière moi « Oh non, pas toi ! toi tu es tombée, non, non, pas toi pas toi ». Je fais un grand sourire (Et ta sœur elle est tombée ou pas ? Personne n’est parfait. Ou plutôt, personne n’est parfait depuis que je me suis vautrée sur mes patins. Une chance qu’on ne m’ait pas roulé sur les mains en coupant mes doigts, je serais alors incapable d’écrire un nombre pharamineux de conneries ici-même (j’aurais dis « ici bas » si je me prenais vraiment pour une divinité, nous donc avons évité le pire) (Pardon).
Soyons bref et professionnel : c’était comment NY ? C’était génial. Voila, point barre, à la ligne.
Oui, je reviendrais, mais quand je serais riche.
Petite anecdote, tout de même : nous avons fais une pause chez une voyante, qui nous à lu les lignes de la main, et également notre « psychisme » (c’est celaaaa oui).
Pour Claire ca a donné, en deux mots et trois mouvements : Une carrière étonnante, de l’argent, que du positif, un mariage, 2 enfants, une petite fatigue passagère (tiens c’est marrant elle voit aussi les cernes cette dame), et quant à la recherche interminable de l’homme idéal, et bien il arrivera au printemps ! Et son nom commencera par un J … (comme Jim, Jack, John…enfin tous les anglosaxons en sommes… ou bien Janot, Jacob, Jordy, Jean-René, José ou Joël) Et j’oubliais : elle s’installera à NY.

Quant à moi… je suis également fatiguée (qu’est ce que j’ai fais de mon anti-cerne ?), j’étais triste il y a 6 mois (juillet, le début de l’exil, pourquoi « triste » ?), et je vais avoir une nouvelle incroyable dans deux semaines, par mail ou téléphone.
L’ironie du sort a voulu que les deux semaines se soient écoulées jeudi dernier, et que ce jour là je me soit fait voler mon téléphone portable (non qu’il fut très sexy, mais il était dans ma veste en cuir qui l’était assez). Donc voilà. Je ne saurais jamais. (Moi qui pensais que les parents m’appelleraient pour m’annoncer la mort du chien, ca sera pour plus tard). Dans les jours et mois à venir, l’argent sera là, mais aura l’insolence « de ne pas se multiplier ». Dommage
Elle me conseille de laisser la politique et de préferer quelque chose de plus universitaire, d’écrire des livres.
Je voyagerais tout le reste de ma vie, et j’aurais 3 enfants merveilleux et aimants.Quant à l’homme de ma vie (tout le monde retient son souffle)… et bien… (ca me fait mal de le dire), il sera « latin ». Je souris. Enfin, je ne réagis pas. C’est bien latin, non ?
Mais non, elle veut dire « mexicain », ou autre « d’amérique latine ». Je la regarde du genre : « change tout de suite d’avis tu veux ou je ne paye pas la consult’ », mais non, elle ne change pas d’avis… un mexicain ? Mais ! J’ai promis à Grand-Père que je ne ramènerais pas un mexicain ! Et j’ai signé !
J’ai un visa à condition de ne pas avoir d’activité rémunérée ou de me marier à un Mexicain (ce qui est un peu la même chose) J’AI SIGNE !Bon. Et bien ca sera un latin… (Après tout pourquoi pas, Gabriel Garcia Bernal est bien mexicain et je veux bien qu’il soit l’homme de ma vie… quoique à la réflexion, je lui prends quand même 5cm à Gab…) D’autant que son nom devrait commencer par un M ou un R. (Miguel, Marcelo, Mauricio, Raul, René, Ramon, …)

Finalement on dit bien que « l’herbe est toujours plus verte chez les voisins ».

De toute façon, elle a dit que je rencontrerais l’amour cet hiver, ce qui tombe un peu en contradiction, puisque cet hiver sera français ou ne sera pas. (ah ? Romain, Raoul, René, Roger, Robert… ou Maxime ? MAXIMILIEN ! Oui ! Le pote de Napoléon ! Voilà l’homme qu’il me faut,
Maximilien 1er du Mexique ! …)

Quel bel homme.


Quoique je passe aussi par le Pérou, et je pourrais m’éprendre d’un coup de foudre pour un péruvien (qui sont très beaux dans les films) recouvert de poils de Lama et de plusieurs bonnets.Finalement, il aura intérêt à être coriace car je vivrais vieille, (mes rêves d’ado de finir comme Jim Morrison dans sa baignoire se fanent), et je n’ai donc pas fini de vous casser les pieds.

Sur ces belles paroles, même si Jules Renard à dit que les absents ont toujours tort de revenir, alors je lui ré-tort-que que non seulement je suis retournée au Mexique, mais qu’en plus je reviendrais en France, et que l’herbe nous parait toujours plus verte chez les voisins, jusqu’à ce qu’on se rende compte que c’est du gazon en plastique.

En revenant ici j’aime autant que je peux mes après-midis au soleil, mes voyages, les rues pavées très très mal, l'accueil et l'humour des mexicains, les bâtiments tordus, les volcans au loin, enneigés, l’absurde, les karaokés et le gras des tacos. Il faut se dire plus souvent que dans le mot « découvrir » on peut aussi inclure « dévoiler quelque chose uqi a toujours été là, mais que l’habitude cachait à nos regards » (Arthur Koestler)

(Promis quand j’aurais des choses à dire je cesserais de citer des inconnus plus connus que moi.)
Maximilien, mon amour, MAMOUR, Maman, et tous les autres, je vous embrasse fort ; il faut que je consacre le reste de mon temps à visiter le Mexique, la semaine dernière les superbes villes de Queretaro, San Miguel de Allende et Guanajuato (classée au patrimoine de l’unesco), demain Taxco, bientôt Malinalco, puis ce sera le Pérou et ses lamas.

Chaaaat.
« Il n’y a rien de définitif en nous, et qu’il est vain et futile d’essayer de rechercher qui on est : on ne découvrira jamais qui on est, ce qu’il faut c’est découvrir où on veut aller, ce qui est beaucoup plus intéressant » Théodore Zeldin.

lundi 27 octobre 2008

L’HEURE DU BILAN !

CE QUI A CHANGE
- Je parle mexicain. Pas espagnol. MEXICAIN. Lentement, (comme les suisses parlent le français, y’a pas le feu au Rio Grande)… et toutes les expressions vilaines qui vont avec, je les utilise. Pour me faire passer pour l’une d’entre eux. Ca les fait plutôt rire.
- En parlant de parler, je surtout la fâcheuse tendance de parler le mexico-anglo-franchouillard
- Je danse les danse que les mexicains dansent. La salsa, la cumbia, toutes ces différentes danses qui se pratiquent en faisant des petits pas et en bougeant les fesses en même temps que son partenaire d’en face. CHINGON!
- Généralement je me baisse pour dire bonjour.
- J’ai troqué ma maladie d’avoir que des potes « hommes » pour la même maladie mais avec des filles. Il y a beaucoup de conséquences que je ne pensais pas aussi nocives pour santé mentale et physique.Comme je disais à Mamitou il y a à peine quelques heures, je me suis surprise plusieurs soirées à traiter « tous les hommes » de « lâches » et « incapables » avec toute la conviction du monde, et surtout en chœur. Moi qui était misogyne et fidèle de l’amitié mixte, me voilà TRAITRESSE ! Mamitou a eu la bonne réponse : « ils vont vous en vouloir » (comprendre : ma bande de copains garçons qui m’attendent en France (bah oui : qui m’attendent))… mais surtout elle a rajouté « et puis de tout façon c’est vrai que les hommes… » …SONT DES LACHES ! haha. On est d’accord.
- Je vais au cinéma à condition que le film soit nul. Si on veut voir un film bien c’est à la maison. Mais au ciné, juste des merdes. On a fait fort pour le moment, entre thrillers débiles et ensanglantés, et histoire de jeune femme experte en « comment rendre les gens sexys et donc meilleurs », « bien dans mon corps, mieux dans ma tête ». Genial, pascal.
- Je ne passe plus des heures à la laverie a boire mon café froid en regardant les beaux gens dans la rue. Ca ne marche pas ça. On donne son linge, on paye, et on nous le rapporte tout frais tout beau tout chaud. Et parfois même il a changé de couleur, on a l’impression d’avoir des nouveaux habits…effet : j’ai trainé dans la boue.
- Je vais à la …roulement de tambour… « SALLE DE SPORT » de la fac ! un vrai complexe sportif de sportifs complexés comme moi. Il y a des machines de torture par centaines, de la machine a abdo, à la machine pour courir (moins élaborée que celle de l’enfer, on court même pas derrière un pichet de vin ou un snickers), le vélo (moins élaboré que celui de E.T, tu pourras pédaler autant que tu voudras, tu ne seras pas plus près de la maison), et tous les autres trucs que je ne comprends pas encore très bien… Il y a aussi les poids à soulever, tout à l’avent de la salle pour qu’on puisse regarder les biceps suant de nos petits amis de classe qui viennent s’y péter les veines à force d’efforts. Il y a aussi les trucs de filles, pour les fesses, où il faut courir en faisant des petits pas, hop hop glisser à gauche et à droite, hop hop, et ces matteurs de mexicains prennent toujours une petit pause à l’arrière de la salle, pour assister à « l’happy hour » de la cellulite. Pouark.
Un vrai spectacle. Et j’y vais deux à trois fois par semaine. Un miracle. Y’a même des TV de partout et des profs qui sont habillés avec des tshirts qu’ils empruntent à leur petite sœur de 9 ans pendant qu’elle est à l’école.


CE QUI N’A PAS CHANGE
- J’aime me déguiser encore encore et encore et trop.
- J’ai toujours mon nono, je dors et je voyage avec.
- Il m’arrive toujours de faire des gaffes. Illustration : Monsieur Y me dit, «y’a une fille qui me harcèle elle m’a appelé toute la soirée, j’ai été obligée de lui dire dans quel bar on serait. En plus elle est vraiment vilaine ». Quelques heures passent. Je le vois avec une fille. Je m’avance « ah, pas de bol elle est arrivée ! » … « non ça c’est ma meilleur pote ».hop hop hop. Il fait chaud ici tout d’un coup non ?
- (je suis toujours un peu exhibitionniste)
- Je pense ne pas avoir pris les 13 kg qu’on m’avait annoncés. Le diable est démasqué, il se cache dans les tacos, les milanesa (viande panée), les sauces avocat-mayonnaise-fromage, et dans les petits rajouts d’huile pour faire passer le tout. Huilhuilhuile. Ils devraient en faire un hymne national. De toute façon j’ai pas de balance, alors j’peux pas avoir pris de poids.


Quelques mexhics aussi

Le métro est un vrai moment de bonheur :
- Les marchands ambulants passent de rame en rame, vous écrasant les pieds et bousculant les aveugles, pour vendre : des bonbons pour la gorge, des petites lampes de poche, des CDs gravé apprenant à vos enfant leurs tables de multiplication, ou retraçant la vie des grandes stars du Rock comme Jim Morrison ou Freddy Mercury
- Mes voisins du métro arborent pour la grande majorité un style identique : un jean (de cow-boy), des boots (de cow-boy), une chemise (de cow-boy), une chaine (de cow-boy). A se demander pourquoi ils ne se véhiculent pas à cheval.
- La coupe de cheveux a deux grandes tendances cet hiver : choisissez entre le gominage impec en arrière, et la coupe longue dans la nuque (pas un tout petit peu longue ; LONGUE).
- En sortant du métro, dans les stations, il y a des vigiles qui sont sur des petites estrades de même pas un metre cube. Il faut dire qu’ils ne sont pas grands… mais ca leur donne un petit air de playmobil assez rigolo.
- Si on regarde par la fenêtre, c’est globalement, sur la ligne que je prends, une grande avenue chaotique et un peu grise. J’ai quand même réussi à pouffer de rire quand on est passés devant « NEURETICOS ANONIMOS », pour tous ceux qui trouvent que la vie est pourri et pleine de contrariétés. Les « alcolicos anonimos » sont plus nombreux, mais d’une rare banalité face à nos « neureticos », non ?!

J’ai été à la messe à la Cathédrale de Mexico, il se trouve que je voulais aller revoir cette cathédrale un matin, et que c’était l’heure de la messe. C’est sans doute une des plus majestueuses et impressionnantes cathédrales du Mexique. Et pourtant ca ne manque pas !

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Mais celle-ci trône fragilement sur un coté de la plus grande place d'Amérique Latine, le Zocalo, et sous elle, gisent encore les vestiges de Tenochtitlan. C'est l'ancienne capitale de l'empire aztèque, aux bords du lac Texcoco (asseché depuis).
En 1521, c'est ss les ordres de Cortés que les conquistadors détruisent une grande partie de la ville pour y fonder la ville de Mexico -capitale de la vice-royauté de Nouvelle-Espagne.
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- DEJA : Il y avait un homme qui servait de garde de sécurité, il me semble, qui assistait à la messe sagement, mais qui ne s’est pas gêné pour me faire un gros clin d’œil suivi d’un petit sourire en coin. Doux jésus !
- Doux jésus BIS : La messe était animée (…drôle d’association de mots) (léo, vilaine impie, pêcheresse) ; bref, par un prêtre (logique, me direz-vous) et une bonne sœur. La bonne sœur valait le détour –bien que je n’étais evidemment pas là pour me moquer d’elle- mais elle chantait (comme c’est écrit dans mon carnet de notes…) telle Vanessa Paradis qui se serait pris le petit doigt de pied dans un clou mal enfoncé dans le plancher ;
- Elle était surtout très autoritaire. Dès qu’il fallait se lever elle criait « DE PIE ! » dans son micro. Même pas la peine d’essayer de dormir.
- Et dans l’assemblée, quelques fidèles, à ma gauche, portaient avec eux le crucifix.
Je vais p’têtre y aller plus souvent moi !
- Je prenais le tramway l’autre jour pour aller en cours, et j’ai vu une petit affiche accrochée sur le mur. C’est peu commun, les transports en commun sont généralement plutôt propres, pas d’affiches de tag, etc… Alors je regarde : « COMPRAME POR 2 TACOS » suivi d’un numéro de téléphone. (achetez-moi pour 2 tacos). Quelle misère. Tu me diras avec deux tacos tu tiens trois jours sans te nourrir, et tu peux même utiliser le gras sur tes mains pour te faire des frites après. (ahaaha)
- J’ai été déjeuner avec un ami mexicain moustachu l’autre jour… des tacos. Et oui. Et comme c’était à coté de l’arène où se passent les corridas et les rodeos, c’était décoré en conséquence. J’ai trouvé que le sac plastique transparent accroché à l’oreille de la tête de taureau empaillé était assez hype, et j’étais persuadée qu’il y aurait un petit poisson rouge dedans. Mais au fait c’était du vinaigre pour repousser les mouches. Désolée.



FLASH INFO : J’AI EU UNE SERIEUSE DEMANDE EN MARIAGE.
Le garçon en question à 19 ans. Mon age ! Incroyable. Nous sommes faits l’un pour l’autre.
Ou pas.
Au fait c’est son père qui veut nous marier.
Son père… c’est notre vendeur de jus d’orange frais attitré. Il à un caddie assez chic sur la place de coyoacan, un homme établit. Il est adorable. Il nous demande toujours, à Agathe et moi, ce qu’on fait au Mexique. Il pensait qu’on était des stars de cinéma. (Oui oui c’est un peu ca, on était encore au cinéma hier soir, c’est vous dire ! )
L’autre matin je me promenais dans mon vieux pantalon pour aller chercher mon jus d’orange. Le père commence à me presser mon jus. Il me regarde et me demande mon âge.
19 ! retorque-je. « aaah ! » Il croyait que j’étais bien plus jeune.
Pauvre naze myope va, bouffe la ton orange. Bref.
A cette nouvelle, il me fait un gigantesque sourire taquin. Je le regarde avec les sourcils en forme de points d’interrogations : ‘plait-il ? », J’ai presque osé le « un pépin, m’sieur le vendeur de jus d’orange ? » (Avouez qu’elle était marrante !)… bon. Et ce sourire s’accompagne soudain d’un regard qui vient cogner le dos d’un petit jeune à ses cotés. « 19 ! Comme mon fils, lui ! ca tombe bien ! » Il se met alors a sérieusement ricaner et tape dans l’épaule de son fils. Le pauvre enfant serrait les dents en lavant ses oranges, et s’est mit à rougir secrètement derrière son bronzage.

Mais moi je préfère son jeune frère. Il a 1 an et demi. Il adore les chatouilles. Et c’est un vrai homme autoritaire, pas comme son frère, tout timide, le petit quand tu t’en vas, il se lève dans sa poussette et crie « TU REVIENS ! » « TU REVIENS ! » en fronçant les sourcils. J’adore.

De toute façon : pas de risque. J’peux pas épouser un mexicain. C’était dans la close que j’ai signée pour avoir mon visa étudiant.
Quel scandale ! (au choix : Quelle bonne excuse !)


Finissons-en avec une métaphore digne d’un prof de sport du Tec.
L’autre jour quand j’ai quitté la colloc pour aller me balader le pif au vent, comme cela m’arrive de temps en temps, j’ai pensé que je jouais au tennis contre un mur…
Je m’explique.
Quand on habite quelque part, peu loin de sa famille et de ses amis, dès qu’on quitte le pas de notre porte, c’est simplement pour quitter une personne pour en voir une autre, revenir, et ainsi de suite. Il y en a même qui jouent en double.
Mais ici, on joue contre un mur, on joue tous tout seul contre un grand mur, et le but du jeu est de le faire reculer à chaque fois un peu plus devant nos attaques, pour voir ce qu’il y a derrière, à chaque fois un peu plus.
Je travaille mon revers, mon coup droit, peaufine mon service. Mais on vous le dira et répètera, n'essayer pas de jouer un double.

Sur ces paroles dalidadayennes, caramels bonbons et chocolats, je pars à New York mercredi 29 octobre (à l’occaz je rappelle à tout le monde que c’est l’incroyable anniversaire de Touf ce jour là, et que je sais pas vous mais moi j’lui ai envoyé un cadeau) - je vais assiter au jour historique (croisons les bois, touchons du doigt) de l'éléction d'Obama... Et si vous voulez vous réproduire avec moi vous n'avez pas tort car nos enfants en seront fiers dans quelques années, quand je le raconterais à tout le monde.

Je vous embrasse tous très fort, et je remercie ma famille pour tout le soutien qu’elle a manifesté, mon assistant de production, qui m’a fait un bébé dans le dos, la maquilleuse, Almodovar, mon dealer de drogues, la maison de production « les films du plats pays », et, tout ca c’est un peu comme l’histoire de… CEENDRRRRILLOOOHHHNN GRROOOAR (Private joke.)… Papa : promis je ferais un plus joli discours quand on me donnera le prix nobel de littérature (comme tu me l’a promis pour mes 20 ans).

mercredi 15 octobre 2008

"un tapis volant, un autre monde, un Mexique" en images.

" Chaque poète se taille un langage dans le langage, comme s'il découpait un étendard dans le parquet de l'univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique.

Mais c'est l'ensemble du langage ainsi, qu'il pervertit, déroute, exalte et restitue"

Jacques Audiberti La Jeune poésie et ses harmoniques





MEXICO, vu(e) de notre toît


En dessous de chez nous, Zocalo de Coyoacanet salon
(nb: il y a toujours les chaise de camping, mais l'écran plasma(...) fut changé pour un immense et majestueux drapeau mexicain.


Ratatouille en flag' dans le frigo



COYOACAN, OU POURQUOI J'AIME CET ENDROIT:
el mercado de coyoacan, a 5O m de la coyocassima.

On vous vends vos tomates et pépinos à coté de ces grandes figurines (Piñatas), vous y trouverez tous vos meilleurs amis d'enfance en papier mâché, il y a des déguisements, des sombreros, des crevettes, du vernis à ongle, des frippes, des montres, des tickets de loto, des vendeurs d'épices, de noix concassée... et plein de petits restaurants - très bons pour les tacos, et les gigantesques salades... Et en ce moment: tout est encore plus fous et kitsch avec les préparatifs de la fête des morts: des têtes de mort dansent, chantent, jouent de la guitare et du tambour, elles sont en chocolat, en plastique, avec des fleurs ou des bonbons... et tout le monde est heureux: on va fêter tous les morts, c'est une bonne occasion de faire la fête pendant deux semaines ici... toujours dans l'extrême et l'extrêmement kitsch, bien sûr.





mercredi 8 octobre 2008

# 8.5. QQ MEX-HICS Pour repasser le temps sur une vieille planche à pain pleine de miettes.

- Il y a des toutes petites cabanes sur les bords des grandes routes qui nous emmènent vers le sud du DF, que je scrute de mes yeux fatigués lorsque je m’achemine vers le TEC. Après plusieurs passages, j’ai plus ou moins compris leur raison de vivre, j’ai encore des doutes sur leur raison tout court. Ce sont donc des cabanes à taille humaine (ou devrais-je dire à taille mexicaine ?) le plus souvent en tôle, avec un petit étalage d’outils devant.
A la peinture (ici tout se fait beaucoup à la peinture, le prix du sandwich, le nom de l’épicerie, la recette du bonheur), à la peinture, donc, il y a écrit « réparation d’ascenseurs ».
( ?)
Alors je me demande, 3 jours sur 7, bougre, mais comment font-ils ?
Option A : « bonjour monsieur je vous apporte mon ascenseur il est cassé, on vous l’a apporté avec mon beau-frère, d’ailleurs ma femme et mes enfants sont encore dedans, … mais il y a aucune urgence, rassurez-vous. On vous attend au coin de la rue on prend une bière. »
Option B : Ils sont réparateurs d’ascenseur à domicile. Ils se repèrent aux sons des trompettes et signaux de fumée.
Option C : Ce sont des cabanes rachetés à des potes réparateurs d’ascenseurs, installés au bas de leurs immeubles respectifs, lorsque le taux chômage du réparateur-d’ascenseur-installé-au-bas-de-l’immeuble a explosé.
Option D : ils font partie de très puissant cartels de drogue et ca n’est qu’une couverture. Le plus grand narco du Mexique, petit fils croisé de jean Paulhan s’est dit : « Comme disait mon vénérable Grand-père, il est de la nature de l’évidence qu’elle passe inaperçue ». En français.
Option E : c’est généralement le moment où je m’endors sur le rebord de la vitre du pésero. Et très souvent je loupe mon arrêt ; … je me retrouve dans des endroits où il se passe des trucs encore plus bizarres.

- Il y a des arbres à chewing-gums dans les rues, ici et là, même dans les quartiers plutôt chics. Ce sont souvent des arbres suffisamment tordus pour avoir une partie du tronc assez prêts du sol (qu’on ne me rabâche pas que je dis tout le temps que les mexicains sont tout/tous petits !) et où les gens collent leur chewing-gum (cf. la photo)… ca donne un drôle de résultat, et c’est un très bon moyen pour choper la mononucléose : idéale pour une petite semaine de congés payés ! (ah non, c’est vrai on est au Mexique, pas en France).

- J’ai décidé de beaucoup dépenser d’argent pour juguler la crise économique mondiale. Sympa non ?

- Nous étions à une soirée l’autre soir (soirée, l’autre soir…mh. Un jour, c’était la nuit…). Bref. Et Elodie (ma colloc pour les débutants et les redoublants du fond de la classe) viens vers moi et me raconte quelque chose d’incroyable qui viens juste de lui arriver : Elle déambulait parmi la foule, et un gros mexicain l’arrête. Quand il sait qu’elle est française il lui lance « Nous les mexicains, on est moches… mais on va te faire l’amour 6 fois par jour ! ». Bougre ! Je m’abstiendrais de tout commentaire ; mais ce qui est sûr c’est que les mexicains on un sens de l’humour…increvable !

- Je m’abstiens de commentaire maintenant, c’est tout l’avantage de la retransmission… seulement sur le moment, devant une Elodie toute pleine de rires et sourires je plaisante
« Eh ben dis donc ! Il t’a déjà fait l’amour trois fois là ? Il en reste encore 2 ! »Je vous situe : là c’est le moment où tout le monde à arrêter de se moquer de ce gros mexicain pour se moquer de moi. 3+2=5.

Pour ceux que ca turlupine, non, il en est hors de question je ne dirais pas le tant attendu « quand on aime on ne compte pas », car c’est nul naze cliché et faux… en revanche je me contenterais de vous rappeler que j’ai jamais dépassé la note de 6 en maths. 3+2.

- Le prof d’histoire de l’art ne m’appelle plus « Sylvie » maintenant c’est « Hamelin ».

- Il se passe des choses étranges au TEC :
Premièrement : la fiche de nutrition qui est accrochée derrière la porte des toilettes et un petit morceau de pur bonheur et de rire. Je pense que si ma médecin-de-sœur la lisait, elle serait outrée… et puis après elle se dirait très rapidement que c’est pas mal la partie où ils recommandent de manger « suffisamment de cookies » !!
Alors oui voilà, il faut éviter la viande, le poisson, mais manger des cookies. Si vous allez au restaurant, préférez trois desserts à un poisson en papillote.


Deuxièmement : le TEC et les cours du TEC ne sont au fait pas des COURS… en grande partie, et pour tous les cours confondus, on regarde des films. Ouais. Qu’est ce que tu fais comme école léo ? Moi, le TEC ! Touche-touche Et Cinéma… Cours de Journalisme ‘on va regarder un film’, la semaine suivante ‘devoirs pour la semaine : regardez ce film’ ; cours de politique extérieure «’Soyez tous bien là la semaine prochaine, on regarde un film’ … Et puis il y a aussi les cours de cinéma et de scénario, qui sont tout à fait excusés. Mais quand même. Je trouve ca drôle. En histoire de l’art aussi, nous regardons des films…seulement je ne les ais jamais vus… Car le mercredi à 7h du mat, moi, je fais du bowling. (cf.épisode 8 pour les débutants et les redoublants près du radiateur).
Mais…quand même… Capitaine Hadock sait que nous avons dépassé les bornes, il y a quelques jours, lorsqu’un élève à apporter un pot de pop corn pour tout le monde !!Il faudra que je regarde, lors de ma prochaine expédition aux toilettes, dans quelle partie du schéma figurent « pop corn ».


- J’ai manqué de me faire une entorse à la cheville et une attaque cardiaque lorsque j’ai été récupéré chez un ami de Papa le coli qu’ils m’avaient préparé. Sont fous ces Hamelin ! J’étais tellement émue que j’étais dans un état étrange : un mélange entre l’état de Simba quand il va retrouver son Papa après l’attaque de buffles, et l’état du Singe Rafiki lorsqu’il comprend que Simba est toujours vivant.
Un pur moment de bonheur à lire les trois lettres de mes consanguins lyonnois… Ce qui est drôle c’est qu’ils ont tous à peu près dis les même choses à leur manière MAIS CA C’EST PERSONNEL BANDE DE CURIEUX ! En revanche, ce qui est beaucoup plus drôle c’est qu’ils ont tous mit une photo avec leur courrier (et Papa m’assure qu’il n’y a pas eu de concertation !). Avec les cadeaux et attentions de ma Maman, il y avait la photo du chien (super important quand même, ca tombe bien j’en avais pas) et sa photo avec moi dans les bras (grand bébé d’1m 98, ma fiiilllle, t’ia grandiiis !) ; Papa a mis une photo d’eux deux avec des amis (Louis de Rivoire, si tu me lis, j’ai de quoi payer ton tour du monde en un seul et même don !) où ils sont magnifiquement déguisés en côtoyeurs de campings, Aka. Papa moulé dans un marcel noir, c’est du PETIT LAIT mes amis ! Je vois qu’ils ne se laissent pas aller ! les bougres ! Quant à Lorraine, sa grande créativité a donné un résultat tout à fait étrangeant. Il y a sa tête sur le corps qui appartenait à Feu James Dean, le tout collé sur un drapeau français… qui, si on regarde bien par transparence, comprend la tête d’un président… qui semble bien être Valéry Giscard d’Estaing !
-
Et puis j’entends le « on t’envie »… oulala, Sans rire, ne m’enviez pas…ici il fait super froid, ils sont tous alcooliques, le vin est cher, il n’y a pas de fromage, il pleut souvent, il y a tout le temps du bruit et du trafic, nos voisins ont découvert un rat, et ce matin j’ai renversé un litre entier de sauce soja dans mon super grand sac en achetant des sushis, alors… honnêtement, vous êtes mieux là où vous êtes. A m’attendre au coin du feu.
:)
L’option de venir me voir en vacances reste néanmoins ouverte et grande ouverte.

- En Parlant de retour : je rentre... ah non ! avant de parler de ca, on parlait de courrier. J’attends les votre… :
Léo Hamelin


Dept 17, Calle Aguayo #3
Colonia del Carmen /COYOACAN
04100 México D.F MEXICO.




(521) 55 26 79 72 00



- Quant à mes plans pour l’avenir, comme cela semble d’en préoccuper certains et certaines :
Je laisse doucement s’évanouir l’éventualité de partir à New York pour le second semestre, car pour le coup je serais complètement hors la loi. En revanche, je garde la première partie de l’idée et je prévois un stage autour de février jusqu’à fin Mai, pour partir parcourir l’Amérique Latine.
En termes de futur proche, je ne prévois pas uniquement de juguler la crise économique à moi toute seule (d’autant que je suis tous les jours un peu plus riche avec des euros ici), sinon de : Partir à la fin du mois à New York pour 10 jours ; continuer à vadrouiller dans le Mexique magique, m’épanouir et m’instruire (tout ça quoi) ; aller au Pérou début décembre pour 10 jours ; rentrer en France faire la bringue avec tout le monde (et m’en mettre plein la panse, pour parler joliment) et repartir au Mexique mi-janvier ou février.
Voilà. Je pense que je peux me remettre à dire des sottises maintenant !



Honoré de Balzac a dit que «la bêtise a deux manières d’être : elle se tait ou elle parle » ; vous connaissez la mienne. (Certes, il dit aussi, après « la bêtise muette est supportable » de sorte que la mienne ne lui semble pas l’être…mais là c’est moi qui écrit, lui il est mort, alors on lui demande pas son avis.)


J’ai un super ami mexicain qui s’est fixé un drôle d’objectif : m’apprendre tout le vocabulaire « feo » (vulgaire) de sa langue… Il n’y arrivera pas, c’est sur. Non qu’il ne s’applique, mais la tâche est immense. Les mexicains sont sans doute les latins qui parlent le plus mal :
- Guey : mot de ponctuation signifiant « type »
- Que pedo, guey ? : ca proute, mec?
o Asterix: le mot “pedo” (prout) s’utilise pour tout: que pedo : comment ca va, un pedo: une fête, estoy pedo : je suis saoul, que peda : quelle soirée etc etc…
- Vete la verga : Si nous allions faire un tour du coté de ces vergers?
- Pinche puto : Mon ex
- Pinche puta : Ma femme
- Pinche putas : Ma femme et ma belle-mère
- Cabron/a : Tu as une tête de crayon de carbone ce matin.
- Pandejo/a : Il n’y a plus de pain
- Perra ! : J’ai un chien
- Chinga tu madre : Salue ta Maman.




Finissons-en avec un affreux snobisme :
« Est-il rien de si pitoyable au monde que les fonctions de journaliste de province, condamné à ne jamais écrire que des vulgarités pour se mettre au niveau de son public »
Auguste Nefftzer.


J’arrive très vite avec : un mariage incroyable à Cuernavaca / des rencontres / 15 jours de vacances à Oaxaca et à la plage pour le pont de l’indépendance de mi-septembre / le concert de Manu-Chao /et plein plein d’autres petites choses...


... qui m’aident à repasser le temps sur une planche à pain sans miettes.