mercredi 20 mai 2009

Tous ces jours durant lesquels je ne suis pas morte de la grippe porcine.


Un unel.
(L’alarme sonne au barbarisme ! Je me dis que le mot barbarisme en est un lui-même, de barbare du mot, alors qu’il aille au diable et qu’il ne me coupe à l’annonce de mon sujet si porc-lémique)
Mais non, un unel, c’est un duel entre moi et moi-même.


(Prenez un oeuf : un unel d'oeuf, c'est comme un combat entre le jaune et le blanc.)
Allez savoir qui veut quoi, mais ils s’affrontent, ces effrontés, juste derrière l’immense terrain vague qu’est mon front. Ainsi front front front, les petiiiiteuuu marionettes (de Peggy la Cochonne)
Ils se font front sur un sujet particulier, vous l’aurez titrement deviné : LA GRIPPE PORCINE.
Oui Mesdames, oui mesdemoiselles, oui messieurs.

Suis-je victime d’une Psychose généralisée ou d’un danger réel ? Victime d’une psychose familiale, ou mariée malgré moi au grand manitou Justin bridou ? Etablie ou abattue?
Pourquoi est ce que les hommes en France portent si peu la moustache, et pourquoi on joue de l’accordéon et pas de la guitare ? OU SUIS-JE ? JE SUIS EN France ?!!
Miseriporc ! Moi qui ne devais rentrer qu’en août, me voilà plongée dans le doute comme un paté dans sa croute.

Avant de me poser les vraies questions, il faut regarder les faits. Non ! Pas les vrais faits réels comme on peut les lire sur les rapports de l’OMS (puisqu’on peut les lire sur les rapports de l’OMS). Non...
Dans quels termes, temps, températures et intempéries mon environnement a perdu 15 degrés sans que, MOI, je n’en prenne un seul.


Un peu d’histoire : Le Vendredi 24 avril dernier, Eléonore Hamelin se lève à Mexico D.F
(Tous ceux qui pensent que le 24 avril dernier ne fait pas encore partie de l’Histoire, et de surcroit, que le réveil royal d’Eléonore Hamelin non plus, sont priés de bien vouloir quitter la Salle… (De bain))
Ce réveil n’est pas un réveil comme les autres. Déjà, il faut préciser que nous vivons non plus à deux dans notre appartement, mais bien à 4, depuis que nous avons recueilli Claire (ancienne copine d’aventure du premier semestre à Mexico) et Astrid qui l’accompagne.
En soit cela ne devrait rien changer, mais en temps d’épidémie, c’est toujours la multiplication par deux de la trouille, des rires, et des précautions à prendre, puis la multiplication par deux encore du nombre de parents, de leur trouille, de leurs recommandations… J’y viens.
Vendredi matin, donc, quatre jeunes femmes se réveillent. Elles petit déjeunent. (Pourquoi ai-je le sentiment d’avoir inventé un verbe ?), et le processus matinal est enclenché, entre les douches, les cafés, …
C’EST PARTI !!
Une « camarade de classe » d’Agathe l’appelle pour la prévenir qu’elles n’auront pas cours ce Vendredi 24 avril. Elle reste un peu vague, il paraitrait que les facs aient été fermées à cause d’une certaine épidémie de grippe. Agathe, qui est malade depuis 48h rigole tellement jaune qu’elle ne rigole pas.



Et comme nous sommes quatre et que je dors dans la même chambre qu’elle, j’évalue la capacité de communication de son non-rire.
Un rapide diagnostic est établit par les trois autres : tu as mal au ventre, tu ne peux pas avoir la grippe ! Et puis tu n’as pas de fièvre ! Et puis…

Et voilà comment, à court d’argument, nous nous jetâmes toutes sur nos ordinateurs portables respectifs. On put y lire quelques articles sur le sujet, dans la presse mexicaine surtout, ou dans les sites de médecine spécialisée.
Et dans nos boites mails, un petit mot de la fac « Sous ordre du ministère de la santé vous n’aurez pas cours aujourd’hui, nous vous contacterons dès que nous aurons de plus amples informations ».

Ma bouche fend dans mes joues un grand sourire, lèvre du haut et lèvre du bas, sans se concerter, puisqu’elles ont chacune leurs raisons :
Premièrement Agathe n’a pas un seul symptôme de cette grippe, et l’affaire est close.
Deuxièmement, je brandis mes dix doigts (que j’ai toujours à portée de mains, évidemment), pour écrire à « lepetitjournal.com ».
(Comme la plupart d’entre vous ne le savent pas, je précise en quelques mots que je suis à présent pigiste pour ce site internet - une publication pour les expatriés et les francophones à l’étranger - et ma première réunion avait eu lieu à peine quelques jours auparavant, avec toute l’équipe).
Je propose donc au « rédacteur en chef » d’écrire un article sur ce sujet ; très certainement important puisque les autorités ont fermé toutes les universités et écoles de la ville et de l’Estado de Mexico… J’ai une réponse qui m’accorde de traiter le sujet, et je vogue donc gaiement sur Internet pour me renseigner.

Fin de matinée : pas grand-chose à dire, la presse mexicaine rapporte les propos du Ministre de la Santé, José Angel Cordova Villalobos, la veille. A l’international, toujours rien.
Et puis, à force de chercher, un site canadien évoque une décision de l’OMS, un petit article circulait sur le monde, et puis la première page de la rubrique Santé du Figaro, la Une du Monde.fr, deux sites sur lesquels je joue de ma touche F5 (Refresh !) mais la tendance est la même partout, on en parle, un peu partout, plus ici, encore plus là-bas, de plus en plus, TOUJOURS PLUS ! Tout le monde s’en mêle à 15h.
Vendredi 24 avril, 17h, j’ai mon article.
Mais les consignes de lepetitjournal.com sont claires : un article vient TOUJOURS avec une photo. Bon.
Dans l’espoir que mon père lise suffisamment rapidement mes récits pour qu’il ne s’intéresse pas à cette phrase précise : j’ai alors bravé MACHIN N1 en descendant dans la rue avec mon appareil photo. En réalité, à ce moment très précis, j’avais plus peur de me faire voler mon appareil numérique que de me transformer en victime porcine.
Mais lire tant d’article m’était aussi bien monté à la tête, alors, dans le bus, je regardais avec des yeux comme des carabines les gens qui s’approchaient trop de moi et respirait dans mon écharpe. (Tout bon détective saura qu’avec les 35 degrés mexicains d’un mois d’avril je ne respirais certainement pas dans une écharpe, d’autant que dans les bus non climatisés, on prend encore quelques degrés en bonus) (Mais encore une fois j’essaye de fuir les représailles paternelles, vous comprendrez bientôt pourquoi).
Je respirais donc dans une écharpe imaginaire et m’approchais de la Glorieta de l’arrêt de métro Insurgentes, pas très loin de chez moi, pour trouver un amas de personnes au repos, comme il y en a souvent ici.
Je prends mes photos à la vue de quelques masques bleus, pas très belles, mais certainement satisfaisantes. J’en trouverais bien d’autre sur le court chemin du retour.
Je retrouve Claire et Astrid, nous allons acheter des places de concert pour le lendemain. Le Pasaje America, où nous prévoyons d’aller, organise souvent des soirées avec de très bons DJ. L’endroit à la double qualité d’être, comme son quartier, anciennement chic et nouvellement dépravé. C’est le Centre historique mexicain, superbe, mais gâché, tordu, grouillant de monde et de soleil le jour, et grouillant de monde et de rock’n’roll la nuit.

Nous sommes le vendredi 24 avril, j’envoie mon article et sa photo.

Je me pose dans l’immense canapé avec mes trois acolytes. Et nous commencons à deviser :


« On fait quoi ce soir ? Il parait qu’il y a une festival de musique de rue dans le sud. »
Un coup de fil plus tard, on apprend que le festival est annulé, cause : épidemie.
« On reste à la maison ce soir ? » et puis « Tu crois que c’est vraiment grave ? »
Un autre coup de fil plus tard : « Tu ne sais pas quoi, tu sais ce mec français, le blond, il est rappatrié en France ! » Eclat de rire général.


« Ca ne m’étonne pas de lui, pauvre petit prince ! »


Alors qu’Agathe va faire un travail de groupe avec quelques bon camarades de classe ; je me propose pour jouer à la dinette et j’invente une nouvelle recette de poulet pas assez cuit dans une sauce sucrée salée, avec les fonds de frigos.
… je mets suffisamment de temps pour que les deux autres survivantes de la pièce s’endorment – décalage horaire oblige- et que je me retrouve complètement seule dans le noir du salon – car l’ampoule a sauté et que personne n’est assez grand pour la changer…Quand bien même ca serait le cas, nous n’avons jamais racheté d’ampoule- .
Me voilà donc seule, dans le noir du salon, comme un cochon épris d’insomnie dans son étable.


Oink.

Le lendemain, le samedi 25 avril 2009, les quatre porcassons émergent tous dans leur étable… Même scénario.Dans la journée, sans même que nous sortions de l’appartement, tout va se BOUSCULER et l’étable se transformera en ABATTOIR.


J’ai mes parents au téléphone le matin, qui viennent gentiment aux nouvelles. « Tout va bien ? » « Fait attention quand même » « Tu devrais appeler Monsieur G., qu’il te file au moins des antiviraux » et avec une complicité chuchotée à mon oreille « Si j’écoutais ta mère tu serais déjà rappatriée ici tu sais ! » (rires).

ASTERIX (Chez les plus moustachus que lui): Monsieur G. est un ami de Papa qui me sert de grand frère spirituel ici au Mexique. Il travaille pour la même entreprise que Monsieur Hamelin au Mexique, et il s’avère que c’est une entreprise et un laboratoire PHARMACEUTIQUES. Cela expliquera bien des choses.

19h. Papa me rappelle. « Allo ? » « Tu n’as pas appelé Monsieur G. Eléonore… » …Moi ; pris en flagrant délit de n’avoir rien fait (et ca n’est pas donné à tout le monde) et un peu étonnée « Mais Papa, il est 2h du mat’ en France ! » (…euh tu ne devrais pas être couché, à ton âge ?)
« Bon. Moi j’ai appelé Monsieur G. alors tu vas l’appeler tout de suite, et il t’expliquera. Ensuite tu appelleras AIR France et tu déplaceras ton billet à … ce soir c’est possible ? Non, c’est trop tard, tu ne l’auras pas… bon, DEMAIN, tu déplace ton billet à DEMAIN »


J’éclate de rire. Jaune, nerveux, peu importe, j’essaye de le camoufler dans une main de cinq doigts. « JE NE RIGOLE PAS ELEONORE »
(Ah ? moi je rigole ! euh…pardon)
Les trois autres de l’étable me regardent me gesticuler d’une extrémité de l’appart à l’autre « mais, mais, MAIS ? »
Quand je raccroche d’avec l’inquisition paternelle, je me retourne, je lève la tête, j’attends qu’on sonne à la porte. Pas de Camera Cachée ? Pouet Pouet ? Mon frère et ma sœur déguisés en cochon qui sortent de la chatière ? … Non.

(Cela dit, il n’y a pas de sonnette ni de chatière à la porte. )


Rien.


Gigantesquement RIEN.

Pas de lard, pas de cochon.


Un cochon passe.



Sauf 6 yeux qui me regardent avec leur chapeau de poil en forme de point d’interrogation.
Ma première réaction est de laisser ma mâchoire tomber et mes sourcils s’envoler, créant un équilibre facial certes tenable mais pas nécessairement charmant. « ca alors… ».
Voilà comment j’ai quitté ma charmante étable pour l’abbatoir.


J’ai fais mes valises, ai appelé Porco Maltese, harcelé un beau militaire mexicain pour qu’il me donne 4 masques bleu au lieu de trois… et le 26 avril 2009 j’étais en train de quémander mon billet au guichet d’Air France à une espèce de Poule de luxe (qui n’avais manifestement pas compris qu’elle et ses charmes aviaires étaient passés de mode).


Oink.


Le 27 avril, à minuit, j’étais dans l’avion et je n’arrivais pas à dormir. Au travers du hublot il y avait un superbe paysage de la cote Nord-Est des Etats-Unis. A ma droite, deux personnes essayaient d’avoir une conversation au travers de leurs masques sanitaires.
Les moments les plus drôles -et pathétiques- furent probablement les 3 services de plateau repas. Entre ceux qui enlevaient leur masque, effrayant le voisin blotti contre le hublot prêt à sauter en chute libre en cas d’éternuement ; et ceux qui ne l’enlevaient pas, et qui auraient probablement aimé avoir une de ces bavettes que nous avons tous eu étant enfant, pour pouvoir se cracher allègrement leur blanquette de veau sur leur nouvelle chemise blanche.



Oink.


Le 27 avril, j’ai aussi eu 20 ans. Triste sort.

Adieu l’anniversaire de rêve à la plage, avec tous les amis et toutes leurs moustaches, adieu parasol qui bronze, adieu corona qui attend son tour dans la glacière, adieu rires et franches rigolades. On rit la bouche fermée, derrière son masque, et encore faut-il avoir de quoi rire…

Oink.
Le 27 avril au matin, je deviens Premier Ministre. Allez savoir par quelle magouille qui me dépasse m’étant destinée, je me réveille (pour une fois non pas au son des chariots à roulette qui distribuent ma ration) au son d’un micro « mesdames et messieurs nous allons attérir blablabla, il fait mauvais à Paris, blablabla, nous vous souhaitons, blablabla…


… MADEMOISELLE HAMELIN EST PRIEE DE BIEN VOULOIR SE PRESENTER A LA DESCENTE DE L’AVION ».


Imaginez moi : recroquevillée dans un siège BLEU très inconfortable, sous une couette qui gratte BLEUE, la tête tordue près du hublot, sur un coussin BLEU, avec des écouteurs BLEUS qui ne passent plus de musique depuis bien longtemps, un masque pour dormir BLEU planté sur mes deux sphères optiques, et, évidemment, un masque sanitaire BLEU sur ma mâchoire – une fois de plus- retombée plus bas que terre.
Un cochon déguisé en Superman. Beau tableau. Tout ca pour pouvoir passer la frontière de la gastronomie et aller se TRIPER, prendre son PIED DE PORC tranquille au pays de Justin Bridou.
Mais diable bleu à queue de cochon ! Pourquoi m’appellent-ils ?
Je reste dans ma super combinaison sans bouger. Ce n’est pas comme si on pouvait bouger dans la bétaillère de toute façon. Oink.

Et puis un monsieur avec une barbe blanche s’approche de moi et me secoue le bras. Je lève le masque bleu des yeux et lui donne un coup de sourcil « QU’ESTUVEUX ? Transmets-je en langage des signes »
« - Vous êtes Mademoiselle Hamelin ?
- Oui
- Vous allez bien ?
- … oui ( ?) »
Mon sang ne fait qu’un tour de boudin.
Le capitaine ressemble au vieux capitaine du film Titanic.
- On vous attend à la sortie de l’avion. »
Triple cochonnaille. Ils vont me mettre en quarantaine ?
MAIS POURQUOI MOI ?

Oink. La tête coupée, une pomme dans la bouche et du persil dans les oreilles.

On atterrit. Tout le monde sort de l’étable… moi ? Non pas moi. Moi je ramasse mes affaires, je regarde sous le siège 8 fois si je n’ai pas fait tomber mon tire bouchon, si je n’ai pas oublié mon livre cochon ou ma veste NAFNAF dans le compartiment à bagage.
Tiens, plus l’ombre d’un cochon dans l’avion. Pour la troisième fois, on appelle cette mystérieuse « Mademoiselle HAMELIN » « priée de bien vouloir se présenter à sa descente de l’avion »

NON ! NON ! OOOOOOINK !
Dans ma tête j’entends le cri de la truie qu’on égorge.



J’y suis allé en trainant des sabots.
Et puis…. Bah ? Pas de tablier asymétrique, pas de torchon vichy rouge sur l’épaule, pas de gros couteau de BOUCHER. Non.
Uniquement d’aimable personne déguisés en hautesse de l’air et stewards…
Si aimables d’ailleurs qu’ils me firent sécher la file d’attente et m’amenèrent à ma correspondance en voiture, tout en me faisant aimablement la conversation.
On veut m’attendrir ?
Et puis nous passons la douane, et (enfin) le douanier me regarde aimablement (oui, oui, oui, c’est bien vrai, aimablement. LE DOUANIER ! OUI !) et me dis « Joyeux Anniversaire Mademoiselle ».
Oooooooh !
Je fonds.

Les gentils et aimables gens d’Air France en profitent pour me souhaiter également un joyeux lard-niversaire et m’amènent au Salon Air France (ouaaah, ils ont sans doute des échelles dans ce salon, toutes les ampoules fonctionnent) avec un sourire plein de dents blanches. On me propose même un bain de boue et un casse-croûte.

OinkOink !

Après une petite correspondance entre Paris et Lyon, je récupère ma maigre valise. Je passe devant une feuille A4, où il y a écrit en petit caractère et en noir et blanc « si vous arrivez d’un pays touché par la grippe porcine, soyez attentif à votre état de santé et s’il le faut, contaminez (ou était-ce CONSULTEZ ?) Un vétérinaire (ou un médecin) »

Les portes glissantes me laissent m’échapper. A MOI LA VIE AU PARADIS DU SAUCISSON et du tablier de sapeur ! En tout clandestinité, bien sûr...
Et pourtant, je retrouve mon Porco Maltese avec fougue… il a, comme moi, mit sa belle chemise rouge vichy, comme si nous avions revêtus nos tenues de pique-nique, et nous sommes repartis contaminer le restant de la ville cote à cote de porc.

(jusqu’à ce que le loup n’attrape le premier petit cochon, autant dire que Papa souffle sur mon bonheur tout de paille construit, me mette un masque pince-nez –de cochon- sur le visage, un thermometre sur la table de nuit et un pot de gel desinfectant pour les mains dans la poche. « NE TOUCHE PAS AU TELEPHONE MALHEUREUSE ! » C'est vrai quoi, on n'a pas elevé les cochons ensembles, boudin!

Psychose générale et tripes de porc, nous toussons, vous toussez, moi je ne tousse pas le moins du moinde, joyeux anniversaire, ma jolie, ouvre la bouche, hop, une pomme rouge et du persil, ON SE PAYE TA TETE SUR UN LIT DE LAITUE.


Oinkement votre.
Pour vous détendre de toutes ces angoisses, je me permets de vous recommander ce très savant et court épisode "Avez-vous déjà vu Nuf-Nuf à l'école des charcutiers":
http://www.youtube.com/watch?v=F-tBpF3kagE&feature=related












dimanche 29 mars 2009

La vie AVANT-GOURDISTE






HABITER DANS UN APPART COMME LE MIEN AU Mexique, c’est faire face AVANT TOUT LE MONDE au problème mondial de la PENURIE D’EAU.



Installées en Janvier 2009 dans un nouvel appart, Agathe et moi avons eu quelques surprises. Premièrement : surprises par la grandeur et la beauté du lieu, meublé, beau. Surprises aussi par le cout du loyer, pas très cher.
Et bientôt…
…Surprises par l’intermittence avec laquelle fonctionnaient nos robinets. Amusées, parfois un peu énervées, mais rien de très grave, quand ceux-ci se permettaient deux heures, une après-midi, voire une journée entière de répit.
Et puis le mois de mars arriva, avec le proverbe très connu lui étant associé : au mois de mars, tu seras salasse.
Et ce qui devait arriver arriva : nous fêtons ces jours ci nos 1 MOIS DE SECHERESSE, sans la moindre allégresse.
Vivre sans eau ? Un choix pour la planète, bien sûr ! Mais alors SEULEMENT pour la planète, parce que pour nous c’est un calvaire…
Adieu la douche, même s’il fait 30 degrés dehors.
Adieu la vaisselle, même si nous avons invité 10 potes à diner.
Adieu le ménage, même si j’ai renversé 8 litres de coca par terre avant de marcher dedans avec mes claquettes sales, et de repeindre l’appart sans m’en rendre compte.
Adieu la chasse d’eau, même si… on est au Mexique.
Adieu la toilette de la femme parfaite, adieu démaquillage, adieu mains propres, adieu cheveux brillants de propreté, adieu le robinet qui coule pendant que je me lave les ratiches, ADIEU !

Et BIENVENUE CHEZ NOUS ! Modèle de vie Avant-gardiste à la pénurie d’eau qui nous attend nous et nos enfants au coin d’une rue, surtout la notre.

La population mondiale était de 6 milliards d’individus en l’an 2000 et devrait être de 8 milliards en l’an 2025. Cela signifie que la quantité d’eau douce disponible devrait chuter de 6600 à 4800 mètre cubes, une réduction de presque un tiers.

La population de ma colloc était de 2 en janvier 2009, et si le nombre d’habitants à pu varier entre 1 et 4, le chiffre ne devrait pas évoluer (à moins qu’Agathe et moi nous reproduisions, ce qui représente une impossibilité relationnelle d’autant plus grande que l’impossibilité biologique, c’est vous dire).

Autre problème majeur en matière d’eau douce : pour nourrir toute la population, la productivité agricole devra fortement augmenter.

Bien. Nous avons déjà évoque la stabilité de la population de notre colloc. Et nous n’avons pas encore de potager.En effet, la flore est assez réduite : j’ai une tulipe bleue séchée dans du papier, un faux coquelicot noué autour d’un chapeau de cow-boy, et évidemment un palmier en plastique qui sert d’ombrage à ce qui représente notre unique faune : deux tortues de moins de 10cm de diamètre chacune. (J’ai nommé Bonnie & Clyde)
(En ne comptant pas les moustiques, que nous aimerions un jour voir devenir une espèce en voie de disparition et que je ne nommerais pas si je veux rester décente).

Quant à notre alimentation en eau, pour le bien de nos organismes respectifs… et bien nous avons fait un choix très catholique : pour le moment nous avons changé l’eau en vin.

Dans le but d’inverser la tendance, il existe diverses solutions pour diminuer la consommation d’eau et d’en limiter les pertes.

Agathe et moi faisons à présent la vaisselle à quatre mains. La première verse doucement de l’eau, la seconde tiens une assiette, la troisième une autre assiette juste au niveau inférieur pour profiter de l’écoulement de l’eau de première main, et la quatrième tient un verre. Ce dernier deviendra le premier, non pas car c’est écrit dans la bible – décidemment-, sinon parce qu’il s’impose comme premier maillon du rinçage des verres qui suit celui des assiettes.

Pareil pour la cuisine. Etude de cas : vous avez acheté des haricots verts, et vous les faites cuire dans de l’EAU. Oui. C’est un investissement dans l’eau, mais une fois que les haricots sont cuits, vous n’aller pas les jeter dans une passoire dans le lavabo, NON NON !
Ne jamais jeter le bébé avec l’eau du bain, en l’occurrence, le bébé dans notre étude C’EST L’EAU DU BAIN.


Vous tenterez plutot de les récupérer un par un au dessus de la casserole dont la vapeur vous brule les mains –sales-, NON PAS AVEC UNE FOURCHETTE ! Voyons ! Un peu de jugeote ! Nous en avons peu en ces temps de vaisselle restrictive, prendre des baguettes chinoises, instrument d’utilisation moins fréquente au quotidien.

Conclusion de l'expérience: achetez des haricots verts en boite de conserve...(et vous pourrez même faire une bougie avec la boite une fois vide, parce que parfois, c'est l'électricité qui nous abandonne à notre sort)

Quant à la douche, je pense investir sous peu dans un grand saladier pour récupérer à nos pieds l’eau utilisée pour se laver afin de la verser dans la chasse d’eau.

A propos de la limitation des pertes, elle n’est pas toujours évidentes, et tout devient une question de priorités…
Voilà comment je me suis fait engueuler pour avoir remis de l’eau dans l’aquarium des tortues.

Parmi ces solutions : améliorer l’efficacité des techniques d’irrigation et surtout généraliser l’usage des méthodes les plus performantes, rénover les structures de production et de distribution d’eau potable et en construire de nouvelles, préserver les réserves, lutter contre la pollution, entre autres en assainissant les eaux usées, recycler l'eau ... Mais toutes ces mesures demanderont d'énormes investissements et seront donc coûteuses.

EN EFFET ! Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas payer de loyer ce mois-ci.
Mais comme je crains de créer un mouvement mondial de soulèvement contre mon gré, je précise : je ne veux pas que notre cas face précédent à la face du monde, il n’est pas question que les futurs victimes de la pénurie d’eau (comme je disais, cela vous attend vous et vos enfants, au coin d’une rue, et…surtout la notre) nous prennent comme exemple pour s’exempter de payer leur loyer.
Eh ! Faudrait pas non plus déconner !
J’ai décidé d’investir dans l’immobilier moi...

jeudi 19 mars 2009

Entretiens d'embauche, suite



Les entretiens d'embauche (suite); MAIS QU'EST CE QU'ON VA FAIRE DE TOI?

2nd ROUND: Grande mutltinationale qui vous veut du bien


Mon CV a été recommandé (oui encore une fois, et attendez vous à ce que soit toujours comme ça), et on me donne rendez-vous.
J’arrive en métro, évidemment je le prends dans le mauvais sens. Et evidemment je ne m’en rends pas compte avant le terminus… « Tiens c’est marrant on n’a pas croisé mon arrêt »…

Ca n’est pas tant de ma faute, c’est qu’il y a des éléments perturbateurs dans le métro – déjà évoqués précédemment- et je me pose des milliards de questions inutiles :
- Pourquoi passent-ils de la musique brésilienne ? ca me donne terriblement envie de retourner au Brésil.
Je me dis donc que c’est peut-être le gouvernement qui s’est rendu compte du pouvoir entrainant de cette musique ; qui s’est souvenu le même jour que cette ville était surpeuplée avec ses 22 millions d’habitants, et cette association d’idée l’a poussé à mettre le rythme de la samba dans les entrailles de mexico, pour qu’on ait qu’une envie : rejoindre Rio (si tu vaaas à Rio, n’oublie pas de monter la haaaaut ).
Ou pas.
- Et puis pourquoi les hommes ont-ils des tétons ?
- Pourquoi doit-on dire « aller chez le coiffeur » et pas « aller au coiffeur » ? C’est vrai, on ne va pas CHEZ le coiffeur, puisque même s’il nous masse la tête en nous racontant les derniers potins, on n’est pas assez intimes pour aller « rafraichir notre coupe » chez lui !
- Est-ce la poule qui fait l’œuf ou l’œuf qui fait la poule ?
Je pense que c’est plutôt la poule qui fait l’œuf, disons PLUTOT, parce que, tout simplement, l’œuf peut faire la poule, mais il peut aussi faire le coq, et si l’œuf fait le coq, alors le coq ne peut plus faire l’œuf et nous sommes perdus.
C’est donc l’œuf qui fait la poule,… et non pas le coq qui se fait la poule.

MERDE J’AI RATE MON ARRET !!!

J’arrive à l’entrée – en retard- (mais ils ont peut-être connu mon père ici, ils savent que ca n’est pas de ma faute)
Ils prennent mon faux passeport en échange d’un beau collier de VISITOR, sans doute le même qu’on me mettra autour du cou quand j’irais voir mes frères et sœur à l’hospice de fous. (Oui c’était gratuit) et me disent d’aller à droite. Je vais à gauche. (Mais ils ont peut-être déjà connu ma mère ici, ils savent que ca n’est pas de ma faute). Je finis par faire le tour et arriver à droite. Comme quoi la vie est simple, on peut faire des erreurs en chemin.
On m’installe dans une grande salle de réunion. Chouette me dis-je nous allons être 10 et faire les fous et rire ! On me donne même une petite bouteille d’eau ; au cas où on s’amuse tellement qu’on décide de faire une jacuzzi-party dans la salle de réunion.
Mais comme personne n’arrive, je me cale ma bouteille d’eau dans le gosier, et j’oublie la jacuzzi party.
Accrochés aux murs, il y a des posters intéressants, qui vantent les produits pour la toilette intime de la femme.
Sympa de bon matin.
Je détourne le regard.

Mon « entreteneur » (voilà le mot que j’ai inventé pour décrire celui qui me fait passer mon entretien) arrive enfin. Il se présente et me donne sa carte.
Dans les mauvais films, mon personnage aurait très probablement fait une blague du genre «HA HA je vous donne pas la mienne, vous devez encore me la faire imprimer » qui aurait sonné la fin de l’aventure assez rapidement.
Mais je me retiens, et si je sens que je flanche, il me suffit de regarder le poster « toilette intime » juste au dessus de la tête du Monsieur.
Je n’aimerais pas avoir ma tête où il a la sienne vu l’approche marketing du produit en question.
Mais nous sommes là pour parler communication externe.

Mon entreteneur me pose plein de questions étranges sans rapport les unes avec les autres. Je me présente, et puis vient le moment où il se décide a me poser des questions POINTUES. AAAh ! Je retrousse les manches de ma chemise.
- Quelle place à notre entreprise dans le monde ?
- Ah bah c’est une grande multinationale et donc, …
- ABSOLUMENT MADEMOISELLE !
- Ah bon. Ah bah oui. C’est ca.
En quelques instants à peine, me voilà transformée en Maitre Renard, prête à toutes les excentricités pour décrire cette merveilleuse entreprise à la place si importante, aux causes si respectables, et au si beau plumage.
Mais comme je le précise très justement, devant une question qui m’y pousse, « Cette belle et grande entreprise reste tout de même une entreprise, une entreprise qui doit faire du profit, pour pouvoir payer la recherche (et mon futur salaire)… Nous (oui, « nous », déjà !) ne sommes pas là pour se faire multiplier les petits pains. D’ailleurs ca tombe plutôt bien, parce que ça ca se passe que dans les grands best-sellers ou les boulangeries.

Bref. Nous discutons.
Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre, alors je parle je parle je parle. Je dois être une vraie plaie pour les entreteneurs… Et pourtant ! La fin de l’aventure arrive enfin, et Monsieur me dit combien il serait heureux que nous puissions travailler ensemble, combien ca pourrait être enrichissant pour nous deux.
(Ah oui, enrichissant combien ? euh, comment ?)
Il me raccompagne à la porte.
Je lui tends une main ferme et décidée, il l’attrape, et HOP me prend dans ses bras pour m’embrasser chaleureusement.
Et puis le meilleur moment de l’entretien arrive enfin :
«- Au fait depuis combien de temps es-tu au Mexique ?
- A peu près 7 mois.
- Et ca te plait ?
- Oui, beaucoup.
Il baisse le regard. Je vois son visage s’habiller d’une expression bien maussade, déçue, trahie, presque.
- Tu peux dire la vérité tu sais.
Et il me laisse partir à droite (mais je pars à gauche), avec l’impression amère d’être une vilaine menteuse.

dimanche 1 mars 2009

"MAIS QU'EST CE QU'ON VA FAIRE DE TOI" Première étape.

Le long processus d’embauche mexicain, ou comment sortir d’un entretien avec un coup dans le nez (et un contrat en main)

Tout a commencé il y a très longtemps, un an peut-être, quand il a fallut choisir dans quelle fac partir au Mexique (la ibéro, la itam, l’Anahuac, le truc le bidule, le chouette)…et que j’ai choisi le « TEC de Monterrey, Campus Ciudad de Mexico » Quel drôle de nom, libellule et papillon.
Pourquoi ? Pour ne plus avoir à choisir, justement…
Oui, car il ne faut pas déconner. J’suis pas quelqu’un qui sait faire des choix. D’ailleurs, quand je mourrais, je pense qu’ils m’assigneront à l’ascenseur, entre les sous-sols terrestres et le grand ciel bleu, tant je ne saurais choisir où plier bagage. Or, Sciences-Po m’a dit « un an de stage ou un an d’université »… Mon dieu ! Où est l’option « portier d’ascenceur en uniforme » ?
Et bien je l’ai trouvée : le Tec de Monterrey, grand seigneur, me permet de faire un semestre de fac, et un semestre de stage. Tope là, j’ai vendu mon âme au Grand-père du petit Spirou (qui était portier d’ascenseur), et j’ai CHOISI la meilleure façon de ne pas choisir.
C’est une belle histoire, certes…mais le premier semestre de fac faufilant comme un long fleuve tranquille pendant que je fais la sieste sous mon gigantesque sombrero, je me retrouve en novembre à me dire « rentrée 2009, un stage. Bien… » Et puis bientôt « MAIS QU’EST-CE QU’ON VA FAIRE DE MOI ? »
Je m’agite doucement à envoyer des mails, passer des coups de fils, faire et refaire mon CV… quand vinrent les grands méchants entretiens…

FIRST ROUND : Grande entreprise de luxe française…

1ère étape : le BIG BOSS
Mon CV fut recommandé, on m’a téléphoné, donné rendez-vous le lendemain matin. OUH PATATE ! C’est que j’ai jamais passé d’entretien d’embauche moi ! Première chose : ne plus crier « OUH PATATE ». Noté. Deuxième chose, appeler Maman pour qu’elle me conseille… Mmmh.. Cette première réunion de crise se transforma rapidement en un salon de mode, webcam branchée, Maman « tu as d’autre chaussures ? » « Tu as les mains bien propres hein ? »… Oui Maman. Et si on m’offre des bonbons ou qu’on me fait des avances, je dirais non c’est promis… Et pour l’entretien, tu… non ? Tout va bien se passer ? Ah bon.
J’ai donc atterri dans une salle d’attente très chic, où je me suis d’emblée faite draguer par un inconnu « Vous êtes française, vous, ca se voit hein »
Ca veut dire quoi ça ? J’ai un morceau de saucisson coincé dans la prémolaire et je sens la vinasse ?
La secrétaire vient me chercher, le « Big boss » va vous recevoir (tu flippes hein petite française hein tu flippes)… Non ! NOOOON !
D’ailleurs ce n’est pas la peine, puisque mister the boss est plutôt sympathique, et après avoir mis quelques point sur quelques i (quelle expression idiote, il n’y a bien que le i sur lequel on puisse mettre des points, pense-je. On pourrait donc dire «mettre le points » tout court !) Mais je m’abstiens de faire partager ma découverte, et big boss passe assez vite aux POINGS. Il faut croire que mon CV est parfait, le seul élément qu’il ait relevé étant que j’ai fait de la boxe.


(Ai-je entendu quelqu’un toussoter au fond de la salle ? Non ? Bon parfait. Que personne ne relève ma légère atrophie au niveau du biceps, et je pourrais continuer calmement mon entretien d’embauche).
Et puis ca n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il a aussi vu que j’avais été aux Chartreux en prépa, et m’a confié, une petite larme au coin de l’œil, que dans sa jeunesse, les Lazos mettaient de sacrés patate aux Chartreux pendant les compet’ de foot.)
1-0 !! C’est lui qui a dit PATATE le premier !!


Monsieur big boss me donne enfin une franche accolade et m’amène aux différents départements, pour que je voie ce que nous pourrions faire ensemble, bien entendu.


2ème étape : le BEAU GOSSE dans son carrosse

- Bonjour Monsieur !
- Bonjour, assis-toi je t’en prie ! On se tutoie hein, on a le même âge !
J’observe. Un jeune homme blond comme les prés, exception faite du gel et de la coupe d’été, dans son beau costard.
Je dois le regarder avec des yeux de merlans trop cuit, mais la ressemblance est bien trop flagrante… « C’EST TOI, JE T’AI RECONNU » Ai-je envie de crier, hurler, sauter dans la salle, puis dans ses bras. Mais, hop, je reprends mes esprits en un clin d’œil (que je n’ai pas fait), et je me souviens que monsieur ressemble a un personnage de dessin animé, et que les dessins animés n’existent pas dans la vraie vie.
Mais pour satisfaire votre curiosité, pour que vous aussi ayez envie de crier, hurler, sauter dans la salle puis dans ses bras, je vous fait partager le tableau : Monsieur ressemble à « CHARMANT » dans Shrek.
« Prince Charmant », qui se recoiffe à l’arrière du carrosse de la vieille marâtre. ABSOLUMENT !

Ah oui, c’est vrai, l’entretien, l’entretien, patate, léo, tu es en entretien.
Charmant me dit « On se tutoie, Eléonore, on a le même âge », avec un immense sourire Colgate©.
« hihi, oui, oui, hihi » rétorque-je avec mon sourire saucisson (…© ?)

Et puis Charmant se penche sur mon CV.
« … Ah. (Je sens alors la déception faire vibrer ses cordes vocales : QU’EST-CE QUE J’AI MAL FAIT ?) Bon, poursuit-il, nous n’avons vraiment le même âge »
Meeeerde !
Je pense : après le CV anonyme, pourquoi pas le CV anachronique ? Le CV intemporel ? Le CV OU ON NE VOIT PAS QUE J’AI 19 ANS, PATATE ! (ah non pas patate, pas patate, PAS PATATE !) ; évidemment, je ne dis rien.
Je me contente de plisser un peu mes yeux, misant sur mon potentielle RIDES sur le front et PATE D’OIE (je n’ai pas dit PATATE, j’ai dis PATE D’OIE), l’air sérieux, pour que ma jeunesse pré pubère passe pour une maturité sans pareille.
Et…. CA MARCHE !

Nous poursuivons donc. Enfin, Il poursuit.
« Tu as vécu à Sao Paulo ! Incroyable ! J’en viens !
Tu fais Sciences-Po ! Incroyable ! J’en rêve ! »


Tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes, c’est un entretien…charmant !
Et puis il faut dire que Charmant fait en sorte que ca se passe bien, en toute évidence, il a envie que je choisisse son servie plutôt que celui de la porte d’a coté. Il me vante les bonheurs de la distribution, les opportunités, le terrain, le site web, le tampon, les excursions chez la concurrence,… Il ose même me dire « tu veux commencer en février ? Parfait, j’aurais justement besoin de toi en février ».
(On se tutoie ?)
Et il nous amène, mon CV de boxeuse et moi, à la dernière étape. J’ai dit DERNIERE ? Ce n’est peut-être pas un hasard… et vous me voyez désolée d’avoir raconté la fin en plein milieu de l’histoire.


3ème : le COUP DE CROSSE

J’arrive ET JE TOMBE MAL ! On est en plein dans une réunion voyez vous, c’est le bordel en plus, il a des petits gâteaux et du thé, des gens un peu partout, des papiers qui volent, il fait trois mille degrés et on vous attendait pas mademoiselle… « Mais rentrez quand même ».
Serre les dents.
Ce n’est pas le moment d’appeler Monsieur Patate.
Inutile de détailler cet entretien là, finalement, puisque j’ai déjà dévoilé l’issue. En quelques mots, je me suis retrouvée dans un petit bordel (que j’adorais pour le simple fait que ce soit un bordel – association d’image : bordel= maison ; mais qui semblait plutôt énerver les autres).

Il a duré des heures, avec deux jolies jeunes femmes : autant dire que j’étais en terrain miné.

Ce sont les pires, et ca n’est pas une légende !
Non, enfin, gentilles… mais exigeantes. On passe du Français à l’Espagnol à l’Anglais, on me demande pourquoi, pourquoi pas, comment ce fut, cette expérience, là, quand j’avais 12 ans, et celle-ci pourquoi plutôt qu’une autre, et finalement, qu’est ce que je veux, qu’est ce qu’ils veulent,
JE VEUX ME BARRER ! JE VEUX MA MAMAN ! JE VEUX UNE CORONA ! Mais il suffit. Bientôt trois quart d’heure… et on arrive au moment crucial où mesdames m’expliquent enfin comment fonctionne leur département marketing, qui ils recherchent et pourquoi… Et puis la sous-embaucheuse me lance un grand coup d’épée-alors qu’elle s’était contentée de se taire jusqu’ici:
- tu saurais calculer un ###### ?
- oh sans doute
- bon alors mettons que l’année #### soit ### et que l’année #### soit ####, qu’est ce que ca serait ? … (Et sa copine me tends une calculette… le ciel m’est tombé sur la tête, des ### mais mon DIEU, MAIS ?MAIS C’EST BIEN CE QUE JE PENSAIS ! CE SONT DES CHIFFRES ! ELLE VIENT DAIGNER DE ME PARLER AVEC DES CHIFFRES ! MAIS DANS QUEL MONDE VIS-JE ?)


Je fais un sourire gêné.
Leurs 4 yeux me regardent, quelques sourcils se lèvent, plein d’impatience et de mépris.
- C'est-à-dire que je ne me souviens plus vraiment, cela fait longtemps, vous savez que je n’ai pas…manipulé des… (beurk) des …. (je vais vomir)… DES CHIFFRES !
Comment leur dire que je compte sur mes doigts pour toute tâche qui, en addition ou multiplication, dépasse les 10 ? Même pour compter les 7heures de décalage horaire j’ai besoin de mes doigts, orteils, et à l’occasion de ceux de mes voisins, et de leur portable si jamais ils ont mis des chaussettes?

J’avoue platement que je n’y arriverais jamais, rends la calculette et m’en vais comme une princesse au petit pois (dans le cerveau).
D’autant que si mes souvenirs sont bons, et en enterrant profond dans les entrailles de la terre mon égo, elles m’ont demandé un taux de croissance ou quelque chose comme ca.

Allez-y, tout le monde se moque ! Profitez-en ! PROFITEZ-EN !

… Bon. Je ne sais pas si les deux « jolies jeunes femmes » on fait part de ma dernière paire de secondes (ca fait deux non ?) catastrophiques à tous, mais toujours est-il que je croyais quand même au miracle et que je me suis envolée vers la France pour siffler vers la colline avec un petit bouquet d’églantines,
De là, j’ai attendu, attendu, elles ne sont jamais venues.
Et puis, un matin, une surprise dans ma boite mail, un certain Luis, Miguel, ou même Ricky Martin m’écrit – en bref quelqu’un que je ne connais pas, comme Eve et Adam finalement - m’écrit au nom de la boîte.
Il me dit combien je suis intelligente, dynamique, pleine de qualités, combien mon CV est une pièce rare qu’il faudrait mettre sous verre pour l’admirer, à quel point je sens bon la vanille, que mes yeux sont grands et félins, qu’il aimerait connaitre ma mère et m’acheter des bijoux.
Et puis il ajoute que je ne suis malheureusement pas sélectionnée pour l’emploi, pauvre enfant et merveille du Nil (ouais, merveille du Nil, ok ?), mais qu’il est à ma disposition pour faire passer mon incroyable profil à ses petits amis RH, sauf qu’il part en vacances pendant un mois. Adieu amour.

ADIEU !

Au prochain épisode, le second Round et dernier Round, ou, comment je suis partie contrat en main... tous en choeur: avec un coup ds l'nez!

jeudi 19 février 2009

Ca plane pour moi - AIR FRANCE ou ma 2e maison

Partageons, en attendant le prochain topo sur "Comment se faire embaucher à México", quelques petites expériences-en-l'air retrouvée sur le coin d'une couverture AIR FRANCE volée.







le 12 dec. MEXICO- PARIS, dégoutez moi, dégoutez-moi, mourrons en enfer.
Les péripéties du 21 juillet 2008 sont déjà bien loin derrière moi et je me souviens pourtant avec un sourire émue de m’être tapé la poisse dans un avion rempli de suédois à sandales avec des chaussettes… Mais l’engouement, ce goût de l’aventure que mes papilles se languissaient de mordre à pleine bouche, me donnaient l’impression d’être un fier soldat de ma patrie qui allait explorer les terres sauvages et pleines d’or pour lui rapporter des histoires en chapelet, des images noircies par le voyage, des odeurs dans des petits flacons.
Et effectivement, je suis passée au Duty Free m’acheter un parfum.
Bon. Mais le retour était particulièrement drôle également, heureusement que j’avais avec moi une de mes compagnonnes de voyage, pour que nous puissions finalement rire de ce qui était pitoyable et effroyablement agaçant.
Claire et Moi, qui sommes déjà parties ensemble à NY (pour ceux qui ne suivent pas, et ce sont toujours les mêmes, le fond de la classe, près du radiateur), nous retrouvons toutes les deux en partance pour l’aéroport de México. Pinche trafico !
Nous voilà reconverties en deux jolis stratèges.
Principale préocupation : notre retour. Comment le gérer, comment l’appréhender, qu’en penser, mouline mouline mouline dans ton cerveau, meunier tu dors, scions scions du bois, ya plus de pain chez nous, y’en a chez la voisine, mais ça n’est pas pour nous, youuh, et comment se comporter, et à qui téléphoner, et quand y aller, et pourquoi pas se retrouver ? Dans 13h, nous serons cuites, comme les carottes du Général de Gaulle, PARIS Aeroport Charles de Gaulle, 2 minutes d’arrêt, bonjour, non, désolée, la téquila, ca ne passe pas. Mais ça, c’est pour plus tard.
Principal problème : Claire à bien 5 bagages. Une gigantesque valise, un sac très lourd et de piètre qualité un gros sac à main, un trolley, un autre sac de cabine, enfin, un ordinateur, un sac en bandoulière et un chapeau de paille de touriste qui rentre du Mexique.
Moi je suis fière de n’avoir qu’une seule valise. Erreur Erreur. Cette immonde garce pèse déjà 30 kilos. Tranquille Emile, comme s’ils allaient me laisser passer avec. Et ben non. Ils laissent passer Claire avec es 50 bagages de cabines, mais moi je me tape une amende de 50 dol.
Déjà je me demande si je ne lui referais pas la façade, à l’hôtesse, gratis.
Elle nous met des places à coté avec un sourire jusqu’aux oreilles, alors je prends quelques sacs à Claire et on se trimballe dans les Duty Free pour s’acheter – bien évidemment – plein de bouteilles de Téquila. L’or mexicain, mes amis, l’or ! J’ai même pris du MEZCAL (clin d’oeil au premier rang, ceux qui (me) suivent).
Nous arrivons dans l’avion. Places 48K et 48L… Mais ce sont les dernières places ça, non ? Si si si si si. Le tout fond de l’avion ! Je pense qu’on va être voisines de tous les enfants de 12 ans qui vont jouer à Dragon-Ball Z/Tectonic sur leur siège et que je vais probablement avoir envie de tordre des cous… Mais au fait, non, nous avons la joie d’être entièrement entourée d’une gaie bande de lurons dans leur soixantaine qui voyagent tous ensemble, youpla boum, peut-être étaient-ils tous au Club Med, chouette alors, et il y a du rire gras dans l’air. Mais il est 23H30, alors j’ai sommeil, je ne me bats pas contre le reste de l’humanité, je me laisse m’évanouir à défaut de m’épanouir, les hôtesses ont l’air coincées, le steward est vilain et désagréable, …Allumons la télé.
Et puis il y a Claire à coté de moi, qui n’est pas dans la plus olympique des formes…même réflexe : Allumons la télé. Ah. Sa télé ne marche pas. Pas de bol… Elle voulait regarder des films et tout ça, alors dans toute ma bonté d’une ramollie du cerveau, je propose un échange de place. Négocié. Etablit. Couloir fenêtre, fenêtre Couloir.
La télé ne marche pas mais tant pis. Ah, tiens. Claire allume la sienne, elle ne marche pas non plus. Bon…
Nous mourrons de faim, mangeons et tout ira bien, un bon petit plat français, que nous choisirons en priorité sur le plat mexicain.
Bien évidemment quand on est à la place 48 L, on n’a plus le choix. Alors on aura du mais, comme les poules, et du poulet, d’une certaine façon comme les poules aussi.
C’est dégueulasse mais tant pis.
Nous mourrons de sommeil, dormons et tout ira bien.
Bien évidemment quand on a atteint ce stade là dans l’histoire de la poisse, il faut aussi que nos liseuses ne s’éteignent pas. Vlan, là, en plein sur la tête de Claire, une ampoule d’au moins 3000 watt.
Alors on se regarde, et on éclate de rire. Les deux kosovares du fond du train, clandestines déclarées, retournant au pays honteusement chargées, punies et châtiées par le Dieu du Ciel, Air France, mourrez en enfer.







29 Janvier 2009 *MEXICO-PARIS, AMOR AMOR ! *
MAIS Je peux maintenant actualiser ce message : le retour au Mexique, ou le départ, ca dépend encore et toujours des points de vue, fut un bonheur à part entière :
Non seulement je quittais les 5 degrés ambiants dans un jean trop lâche pour ouvrir les bras à 30 degrés de plus, 2000 mètres au dessus, à deux océans plutôt qu’un seul, à 70% de personnes en surpoid plutôt qu’à peine 20%, bref, UN BONHEUR DE RETROUVER MES PETITS MEXICANOS.
Lyon-Paris. Le genre de petit vols que je déteste, dans lesquels je m’encombre de toute la presse du jour pour avoir l’air intelligent, mais dans lesquels je finis toujours par me casser le cou à dormir acrobatiquement sur ma tablette, et à coups sur – excuser mon manque de classe – je bave abondamment sur la tablette, et quand l’hôtesse viens me réveiller pour l’atterrissage, elle me regarde avec un air de dégout certain.
Et ca c’est quand je n’ai pas ronflé. Au fait je ne sais jamais si j’ai ronflé ou pas, puisqu’à ma différence mes voisins sont des gens distingués qui ne se permettraient pas la moindre remarque. Quoique dans ce vol là j’ai eu l’honneur – hasardeux - d’être juste un siège devant MONSIEUR Courbon, grand homme et oncle de mon (si peu) humble personne, et il m’aurait fait du pied pour que je la mette en sourdine.
Une fois arrivée à Paris, je me baladais fièrement dans l’Aéroport Charles de Gaulle, bombant fièrement le torse devant tout ce gris que j’allais quitter … Quand soudain, semblant crever le ciel, et venant de nulle part, surgit …Corto Maltese !
J’ai donc grimpé dans l’avion en retard, souriant bêtement, essoufflée, éprise, et bientôt sous l’emprise de l’alcool. Rien qu’un peu, c’est sûr, quelques petites bulles pour fêter ça, ce n’est pas tous les deux jours qu’on traverse l’atlantique, qu’on quitte sa famille, ses proches, dans la déchirure la plus totale ! CA SE FETE ! (ho ho ho). Et comme je sais bien organiser les fêtes, j’ai repéré un steward que je me suis rapidement approprié. (D’ailleurs, j’ai voulu la jouer à la mode mexicaine et lui laisser quelques pesos sur ma table en partant, un généreux pourboire, mais il parait que ca ne se fait pas. Air France c’est du luxe, ALL INCLUSIVE.)




ET POUR TERMINER AVEC UN PEU DE PHILOSOPHIE,...

NOTRE ENVOYE SPECIAL


Charles Hamelin a dit : et tu viendras avec moi à SF, on se mettra en colloc
Charles Hamelin a dit : avec lorraine quand elle deviendra Meredith Grey
léo Hamelin a dit : haha
léo Hamelin a dit : et moi je serais qui ?

Charles Hamelin a dit : ben toi
Charles Hamelin a dit : et moi moi
Charles Hamelin a dit : et tu ne seras pas moi
Charles Hamelin a dit : ni moi toi
Charles Hamelin a dit : car je suis moi et tu es toi
Charles Hamelin a dit : on a chacun notre moi
léo Hamelin a dit : c'est beau
léo Hamelin a dit : tu me vois rassurée
Charles Hamelin a dit : mais ton moi n'est pas moi, ni ton moi, ni mon toi
Charles Hamelin a dit : mais ton toi
Charles Hamelin a dit : alors que l'autre est blonde
léo Hamelin a dit : oui parce que si tu te tonds
léo Hamelin a dit : t'es plus blond plus brun
léo Hamelin a dit : tu es perdu
léo Hamelin a dit : tu es roux

Charles Hamelin a dit : et ca change foncièrement le contexte économico-social de la situation
Charles Hamelin a dit : surtout par ces temps de crise
Charles Hamelin a dit : ou la politique est instable et où les dauphins perdent les pédales
Charles Hamelin a dit : ils ont la tête dans le guidon
Charles Hamelin a dit : les pauvres
Charles Hamelin a dit : pauvres bêtes
Charles Hamelin a dit : tu crois qu'un dauphin ca trouve l'eau douce fade?
Charles Hamelin a dit : parce ca trouve pas l'eau de mer trop salée
Charles Hamelin a dit : sinon ils iraient ailleurs
Charles Hamelin a dit : mais quand on leur file a bouffer
Charles Hamelin a dit : ils devraient vouloir rajouter du sel un peu non?
léo Hamelin a dit : oh oui
léo Hamelin a dit : et aussi du pipi de poisson

Charles Hamelin a dit : ils font quelle tronche si on leur donne du sucré?
Charles Hamelin a dit : genre des fraises tagada
Charles Hamelin a dit : ben en fait
Charles Hamelin a dit : ca peut faire une tronche un dauphin?
Charles Hamelin a dit : finalement, on les emmerde
Charles Hamelin a dit : on leur file des Haribos et tant pis pour eux
Charles Hamelin a dit : ils ne peuvent pas dire ce qu'ils pensent
Charles Hamelin a dit : ni nous foutre une mandale
Charles Hamelin a dit : sinon par la force des choses, ils arriveraient aussi à saler le poisson
Charles Hamelin a dit : j'ai mis une minute à écrire tout ça
Charles Hamelin a dit : tu comprends pourquoi j'avance vite? (ndlr : dans mon mémoire)
léo Hamelin a dit : oui
Charles Hamelin a dit : si je t'emmerde tu me le dis

jeudi 12 février 2009

Petit traité d'urbanisme : EN VOITURE SIMONE!

Je me promène beaucoup en transport en commun ces temps-ci. Il y a:

- le métro - un vrai four mais un four efficace et plutôt rapide. 2 pesos le ticket, des lignes dans tous les sens, et surtout DU SPECTACLE!
Il se vend de tout dans le métro, entre 5 et 15 pesos généralement: Des cartes de la ville, des coupes ongles, des lamps frontales, des mouchoirs, des piles, des limes à ongles, des stylos de couleur, ... si vous regardez bien, en fait que des petites choses dont on a besoin (surtout la lampe frontale) au quotidien.
La plupart des vendeurs vendent en réalité des CD. Surtout des CD de musique gravés. Ils rentrent alors dans la rame de métro avec leur lecteur de CD et des enceinte dans leur sac à dos, et ils vous mettent un medley des 50 titres "les plus rocknroll" ou"les plus romantiques" "les plus mariachis" "les plus relaxants" ou autre adjectif alléchant...Le prix: 10 pesos. Si j'en ai déja acheté? Bien sûr. Toute ma musique vient du métro!
Il y a ceux qui vendent des CD avec différents buts: instruire vos enfants en chanson, leur faire apprendre leurs tables de multiplication, etc etc.. Si je l'ai? Non. Mais mes parents auraient bien fait d'investir là-dedans dès mon plus jeune age, parce que même maintenant, assise dans le métro, je peux pas chanter en coeur avec le CD à partir de la table de 4. (VDM).
Et puis après il y a les... comment dire? les Artistes. Avec un grAnd A. Ceux qui donnent de leur personne. Ceux qui viennent vous chanter leur chanson préférée, faire du théâtre, se rebeller contre l'Etat, faire de la guitare, et il y a même (je ne l'ai pas encore vu hélas) des gens torses nus qui débarquent dans la trame, ouvrent un grand drap avec plein de tessons de bouteilles et bouts de verres dessus, s'y allongent, s'ouvrent le corps en entier et pissent le sang, vous demandent une petite contribution et s'en vont (à l'hopital, je suppose).

Enfin, dans le métro, une innovation proposée (et imposée) par le gouvernement: LES RAMES DE FEMME. Evidemment pas des vraies rames pour ramer (parce qu'on a arrêté - au moins officiellement et au moins pour le moment- d'esclavager les femmes , et que d'ailleurs, même si on continuait à le faire, je doute de la moindre utilité de ramer à bord d'un métro... Et encore plus de l'utilité de le faire faire à des femmes). BREF.
Je descends un jour sur le quai et me rends compte alors qu'il est divisé en deux partie (deux tiers un tiers, le tiers en question étant le sujet de mon anecdote: le tiers reservé aux femmes, il faudrait pas non plus imposer la parité TROP rapidement dans ce pays!!). Ce jour là je me rends aussi compte que je suis du coté des hommes, à étudier le plan de métro sans prêter beaucoup d'attention au machisme environnant. Et puis je lève le nez, et me décide alors à experimenter ma veritable condition de femme derrière cette barrière fièrement gardée par un policier. La barrière affiche: "SOLO DAMAS Y NINOS''. Parfait, je peux profiter de ma double discrimination positive, en tant que femme-enfant assumée. J'y vais!


HAHA! le piège! A proximité de la barrière s'agglutinent tous les hommes, la gueule ouverte. Je parviens tout de même à me faufiler à travers la barrière de corail, laissant derrière moi les dents aiguisés des requins affamés. Et puis je regarde... mmh. Devant moi, un, deux, puis trois garçons en vue. Je ne les denonce pas au garde, evidemment, car une petite voix de grand-mère de 90 ans me sussurre à l'oreille "Oh, ma jolie, les garçons sont tous de grands enfants tu sais".
Et puis de toute façon, le métro arrive... Le combat prend définitivement fin dans cette ségrégation positive, puisque quoiqu'il en soit, les wagons sont mixtes.
ET TANT MIEUX! Comment les gens se rouleraient-il des pelles sinon? N'oublions pas que c'est, avec la lucha libre, le sport national du pays. Pourvu qu'on sauvegarde la culture mexicaine, nom d'une pipe.
Et comme si le hasard voulait - et même si le hasard n'est pas sensé vouloir- que je finisse mon expérience sur une pointe d'ironie, je me suis retrouvée en face d'une drôle de pub : Avec pour seule inscription : SEXO 25/II - 2/III Palacio de los Deportes. Et une image évocatrice de deux personnes de sexes opposés l'une en face de l'autre.

Palacio de los deportes... Palais des sports... Quand je vous dis qu'on rigole pas ici, avec les sports nationaux...!

- le metrobus -à savoir un bus rouge à trajectoire fixe qui longe généralement les grandes avenues. Il est efficace, même si on se tape tous les feux rouges, on ne souffre généralement pas du traffic puisque la ligne lui est reservée. Il y fait 50 degrés en revanche, et il coûte 5pesos avec une carte spéciale (oui c'est beaucoup! c'est bien... mh...27 cents)
Le hic c'est qu'on peut très facilement mourir - comme j'ai faillis le faire- en se penchant sous les porches de passages pour voir si le bus arrive... quand il arrive vraiment à fond la caisse! Un conseil : laissez vos voisins de quai se pencher à votre place.

- le tren ligero (pas facile à pronnoncer pour les novices) qui à tout du tramway. 2 pesos. Comme le guichetier est très souvent en pause déjeuner, environ de 12h à 16h30, puis qu'il arrête de travailler vers 17h30, et bien vous pouvez aussi donner 2 pesos à un policier qui filtre les passages... Et pas question qu'il vous rende la monnaie si vous n'avez qu'une pièce de 10. Ca lui paiera son tacos du retour! En soit c'est quand même propre et pas mal ce tram.
Un jour, j'y ai vu une affiche assez surprenante: "Compren me por dos tacos" (Achetez moi contre deux tacos). J'ai trouvé l'offre interessante... mais à y réflechir, deux tacos sont deux tacos, bien de quoi vous tenir "sans la faim" pendant plusieurs jours. Ca ne s'échange pas deux tacos.J'ai donc tracé ma route.

- le pésero - un bus tape cul peint de blanc et vert, le prix varie selon la distance entre 3 et 5 pesos. Un vrai délice! Il y fait chaud, on s'y touche et on s'y bouscule... mais on peut parfois s'asseoir, comme ça, avec les genoux collés au menton, et regarder les amas de voiture de haut. On n'échappe pas au traffic, et surtout il faut être plutôt connaisseur: les arrêts sont rarement indiqués, encoire moins annoncés, tout au plus il y a-t-il une pancarte sur le pare brise des bus avec le terminus et quelques points de sa trajectoire.

C'est pourtant ce que je préfère: il y a toujours des trucs collés à l'avant du bus, et je regrette à chaque fois de ne pas y monter avec mon appareil photo: on va du portrait de la Virgen de Guadalupe, au crucifix, en passant par les dessins d'enfants, les stickers de Walt Disney, les pendants de sapin-qui-puent- les peluches qui se balancent, les produits dérivés des équipes de foot, jusqu'aux symboles rocknrolleux et anarchistes, et bien entendu les poster de femmes à poil. Parfois on ne passe pas par le sticker walt disney entre la Virgen de Guadalupe et les affiches de femmes à poils (cela dit, la Vierge est rarement représentée en femme à poil, et INVERSEMENT).
Et puis il faut dire que la radio qui passe généralement dans les peséro me comble encore plus: la majorité des Mexicains chilangos (ceux qui habitent le D.F - distrito federal) écoutent du BON VIEUX ROCK'N'ROLL. On peut être sûr de taper du pied sur du Queen, Supertramps et Michael Jackson, mais aussi du vrai de vrai comme les Doors, Led Zep, Pink Floyd et autres génies décédés de la musique.

-Viens enfin le Taxi. Il n'y a pas une seule rue à mexico où il n'y ai pas de taxis... ils sont des millions, ils sont pas chers (prix de départ à 38 cents €) sympathiques... Et de niveaux différents: il ya les plus "sûrs" qui sont les Taxis de Sitios (à l'arrêt) ou des Taxis Seguros à appeler par téléphone, dont la course est plus chère. Après il y a une autre distinction que l'on peut faire dans la rue, entre les Taxis du D.F (avec licence) et les taxis clandestins (néanmoins acceptés mais pas licenciés), qui sont dit être les moins sûrs. On choppe rapidement le coup d'oeil, à coup de plaques d'immatriculation différents.
Mais ils sont tellements beaux, ces taxis, surtout les petites coccinelles. Ils se débarassent de leur siège de devant, il ne reste que la banquette arrière, et quand on rentre ils referment la porte avec une grande ficelle accrochée à la poignée, du grand art!
Le bonheur du taxi, c'est souvent, quand on est coincé dans le traffic, de palabrer avec le chauffeur. On nous à dit de ne pas trop le faire, ca pourrait être dangereux, mais il me semble que tant que je ne transmets pas l'identité de ma famille sur 5 générations, le compte en banque de père, mère, et maris (comment ça je ne suis pas mariée? et comment ça 'maris' ne prends pas de "s"?), la photo de ma soeur et la cachette de mon argent dans la doublure de mon sac ; je devrais me garder de tout danger trop flagrant. Moi, madame, je discute des "chôôôses de la vie". Et je tombe souvent sur des perles d'interlocuteurs!
Il y a quelques mois, j'ai eu une conversation incroyable avec un petit vieux nostalgique.
"Ah vous êtes française mademoiselle?
Ah, donc vous mettez du parfum? Oui?
Est-ce que vous mettez CHANEL N°5, puisque vous êtes de PARIS, c'est ce que tout le monde met à Paris, vous savez!
Je l'ai vu à la télé. J'ai vu un reportage sur Paris. quelle ville magnifique!
Et puis vous, vous buvez du champagne! Ca coute combien du Champagne? Dites moi les marques de champagne les plus chères, les plus luxueuses?
Ah oui, oui, je crois que je connais...
Vous savez moi j'aime beaucoup le luxe. Par exemple:
Vous savez, un jour, j'avais une fiancée. Et j'avais voulu être romantique. Alors, vous voyez, je l'avais invitée chez moi, et j'avais tout rangé. J'avais mis sur la table une nape blanche, comme dans les grands restaurants, et puis j'ai laissé que deux chaises! J'avais acheté du champagne pour être romantique... Et je l'aimais beaucoup! J'avais aussi mis quelques cacahuètes et des petites choses salées, vous savez, pour manger...
Moi je suis un romantique... mais de nos jours, les filles n'aiment plus ça... les fleurs, les lettres d'amour, elles s'en fichent les filles.
Elles aiment quoi?
Eh bien... elles aiment les ipod, tout ça...
Elles veulent même plus danser les filles! Et les jeunes, quand je les vois, ils ne dansent même plus! Ils dansent des drôles de trucs, là, et ils se mettent des patates... Ils sont même pas bien habillés! Moi j'aime danser sur les musiques romantiques... Et puis bon, j'ai plus de fiancée.
Et en France, elles sont comment les filles? Elles aiment les choses romantiques? Il parait que les françaises elles n'aiment rien, qu'elles veulent tout avoir toute seule, sans rien qu'on leur offre. Il parait qu'elles s'en fichent des hommes galants. Mais moi je me demande... elles aiment qu'on leur offre des fleurs? qu'on tire leur chaise au restaurant? qu'on leur écrive des lettres d'amour? Qu'on s'habille bien avec un beau costume pour leur dire des poèmes...? "

jeudi 5 février 2009

TROIS P'TITS TOURS et puis s'en vont



1. LE TOUR DU QUARTIER

Me voilà depuis une semaine rentrée, ou repartie, cela depend toujours des points de vue, "en la ciudad de México"! Mes deux pieds nouvellement nus et libres, sous le soleil et dans le vent encore frais.
Pour les aficionados et connaisseurs du Mexique: un nouveau quartier à México D.F, la ROMA NORTE. Central, central et bien desservi, bien desservi par de grands axes, de grands axes plein de traffic.
Agréablement près d'autres quartiers très beaux et très bobo-chic, du type "la condesa"...où s'offrent à nous des vrais expressos et des terrasses au soleil, de grands parcs bondés d'enfants, de vélophiles, de vendeurs ambulants, de chiens en laisses et de rouleur de pelles.
MEXICO, le RETOUR!

Je me balade timidement, donc, dans mon nouvel aquarium...
- Tout d'abord, l'appart: le loyer est suffisament dérisoire pour la taille de notre nouveau nid de dindonnes. Agathe et moi, uniques et meilleurs collocs existant à México avons un grand appartement avec deux chambres, un salon, une salle à manger et une grande cuisine. Parfait. Comme Agathe est arrivée 1 mois avant moi - j'avais quelques affaires socio-politico-economico-sentimentales à régler en France- il m'a fallut quelques bouts de scotchs pour me sentir chez moi. J'ai découpé tout ce que j'avais sous la main pour pourrir un peu ces grands murs fraichements repeints, ait collé toutes les têtes souriantes de mes amis et de ma famille dans ma chambre, ait accroché des chapeaux de paille ci et là, rangé mes affaires dans notre immeeeense dressing (j'adore les dressings, darling) et ait finiolé la logistique de la cuisine en départageant le sucré et le salé. Agathe n'a rien dit car j'ai rapporté des tonnes de saucisson, fromage, chocolat, et bout de gras, autant de fleurons de notre beau pays la France, en somme. Amis mexicains, un conseil, il n'est pas difficile de flatter les jeunes françaises:
une grosse miche de pain, du frometon et du pinard! Elles vous offriront en échange leur plus beau sourire (d'haleine douteuse), et peut-être même leur plus beau déhanché de poignées d'amour au son nostalgique des accordéons.
- Les premiers pas ex-apartamento: Au coin de la rue un petit vendeur de jus frais... Il est parfait celui-là, 1e le litre, avec ou sans pulpe?
Mais il y a surtout cette gigantesque pharmacie. Les pharmacies sont une vraie institution dans ce pays, pour deux raisons essentielles:
1. Elles sont concurencielles à mort, et la plus part d'entre elles affichent des sloggans du genre "Pareil, mais moins cher".
C'est un peu comme si je me mettais derrière le comptoir avec une blouse et que je disais:
"Vous voulez des antibiotiques contre la grippe? Je vous donne notre traitement pour les dents de sagesse, c'est pareil mais moins cher".

"Bonjour madame. Vous voulez une aspirine? Venez par-là, je vous masse 3 minutes les pieds, c'est pareil mais c'est moins cher"
2. Elles vendent de TOUT. Vous ne pouvez même pas imaginer. Celle au coin de la rue est un très bon exemple. Vous y trouverez:
- un distributeur d'argent
- un distributeur de bonbons et de chewing-gum
- un bac de cones glacés, magnum et autres douceurs sucrées
- un frigo avec du coca, du fanta, du sprite, du canada dry etc etc etc...
- du shampoing, du déodorant, du gel (surtout!) et tous les produits de salle de bains nécessaires à votre toilette. Y compris le nécessaire à rasage.
Bien. Que des choses utiles après tout.
Et surtout: le pompon qui en fera sauter plus d'un au plafond: des clopes! bah oui. Logique!
Quoi de mieux qu'une pharmacie pour vous vendre des clopes? Quoi de mieux qu'un pharmacien pour vous facturer environ 2euros votre paquet de "grosses clopes", en vous regardant droit dans les yeux et avec un grand sourire?
Voyez-vous même, derrière la vitrine...

Je n'ai pas demandé encore s'ils vendaient de la drogue ou bien des armes. ca ne saurait tarder.
Quoi d'autre d'affriolant dans le quartier?
- J'ai bien ri en passant devant deux restaurants l'un à coté de l'autre : l'un s'appelait "La casa de la abuelita" (La maison de la petite grand-mère). L'autre à coté disait "La nuestra no tiene abuelas" (La notre n'a pas de grand-mères)! Pas fair-play, mais bête facile et méchant, j'aime bien!
- Un marché pas très loin, où ils vendent de tout tout et de rien. Je note un nouvel élement que je n'avais pas encore croisé dans le coin: mini-jupes et autres tenues d'habillement qui vous laissent néanmoin deshabillées. Je souris... c'est l'été!? ou alors l'émancipation de la femme? On fait brûler nos soutiens gorges ou nos maillots de bains? Hein, quoi!
- Des petits restaurants mexicains pas chers et tout simples. Vous avez de l'eau? ah non. Vous avez du coca? ah non. J'aimerais prendre un médicament, vous avez quoi? Ah oui, vraiment que de la bière?...
-Sans compter que toute une partie de notre quartier, depuis quelques jours: n'a pas d'eau. Je ne me noierais pas dans le sujet, car les inconvénient techniques relevant de ce genre de problèmes relèvent souvent de carrelage de cuisine ou de salle de bain. Oublie la vaisselle, la douche, les mains, la chasse d'eau, le ménage, en bref, vit dans une décheterrie et essaie d'être de bonne humeur. Un vrai challenge... ces jours là, je regardais tout particulièrement les gens du quartier justement. C'était assez agréable de se dire que, finalement, personne n'était lavé. Comme moi. Mais on se lasse assez vite de cette fantaisie là. Un soir, un de mes amis allemands que j'ai hébérgé quelques jours lors d'une dernière escale à México est monté sur le toit. J'ai su après qu'il avait en tête d'aller faire pipi là-haut... il aurait peut-être dû me parler de ce projet pour que je l'en dissuade, car il y a quelqu'un qui habite sur le toit. Et qui est evidemment sorti quand il a cru entendre un parasite pisser allègrement sur sa terrasse... Mais j'avais dit que je mettais de coté tous ces détails. Passons!
-Un tatoueur pas très loin de la maison... C'est décidé. Je ne rentre plus jamais chez moi avec un coup dans le nez. Trop dangereux.
"AMO A RAUL Y ERNESTO Y... FERNANDO TAMBIEN" tatoué sur le ventre, ca serait moyen. (quoique peu probable, je rassure tout le monde)

LE TOUR DE LA VILLE
La ville...parlons-en.
Je me promène un peu.
Et puis, comme nous étions le 2 février, il y avait quelques choses d'assez intriguantes... D'abord nous avons vu des gens se trimballer avec des poupons dans des paniers. Evidemment, moi j'ai pouffé de rire comme une baleine enrhumée "roh ho ho ho, agathe, regarde, le vieux mec avec sa poupée"... Agathe "mais oui, c'est jésus!" ... Ca y est je suis perdue.
"Oui, il amène sa reproduction de jésus pour la faire bénir à l'église".
Bah ouais. Normal. Quelle idiote cette léo. Tu savais pas qu'il existait à travers le monde des crèches pour les poupées des grands enfants? sotte que tu es, léo, sotte! oui!
Mais, effectivement, il y avait plein de gens qui se baladaient avec des poupons ressemblant de près ou de loin (de toute façon, qui sait?) à Jesus.
On aurait dit une crèche vivante, 2000 ans après la naissance de Jésus, entre les tacos et la pollution: Offrez vous la poupée DF451, meilleure imitation mexicaine du messie, offrez ça à votre belle-mère, votre mari, vos enfants, un cadeau pour toute la famille!
Bien j'exagère. Mais j'étais particulièrement étonnée.
D'autant que j'étais pas au bout de mes émotions: un peu partout dans le quartier il y avait des grandes statues de la vierge, avec des offrandes autour. Bon. Pourquoi pas. Mais en nous approchant, on a moins fais la malignes...: "haaaaaaa"!
Les statues de la vierge sont bien des statues de la vierge. Mais pour nous surprendre, elle sont des statues de la vierge MORTE. bah oui, quoi. Jésus, lui, il a ressucité, mais sa mère, la Maria, elle a jamais prétendu être immortelle, si? non! bon. Ben voilà. Février 2009, elle est bien là, devant vous,, MAIS ELLE EST MORTE.
Vous serez sympas de faire avec.


















Le prochain épisode s'axera également sur la ville, répondra à tous vos doutees: pourquoi certains petits rockeurs ont il le nez pointu, pourquoi il y a t'il des compartiments de femmes pleins d'hommes, pourquoi les mexicains se roulent autant des galoches (non je mens ca je n'ai toujours pas trouvé pourquoi) (sans doute parce qu'ils s'aiment. ou qu'ils aiment ça) je m'égare.
Bref, un vrai tour de la ville, en métro, cette fois-ci, car c'est en métro qu'on se marre le plus et qu'on découvre tant de choses, c'est bien connu.
Au prochain épisode, qui arrivera bientôt donc, car je change mon confit de canard écrit pour le remplacer par ce que les temps qui courent nous imposent à tous: du bon gros fast food!
Rapide, pro, un peu drôle, quelques photos, ceci toutes les semaines, et hop on y est. Je laisse donc dernières moi les centaines de pages de remuages intellectuelles sans fin, me réservant le droit de replonger en cas d'extrême envie.
LE TOUR DU MONDE
Pour ce tour du monde, donc, rien de bien excentrique, rien qui ne vous fera voyager, puisque: déjà on est au mexique et j'aimerais qu'on s'en contente, et surtout parce que je n'évoque pas le monde à galilé-ment parler, sinon le monde...le monde, comme... le Gratin! ce monde que tout le monde pense être siiii "petit", ce monde qui reluit de toutes les facettes des bagues en diamant qui ressemblent plus à des boules de discothèque qu'à des bijoux.
J'exagère (je ne sais faire que ça) mais vous poste plutôt quelques photos de ce que furent plusieurs soirées en l'honneur de la nouvelle exposition de David Lachapelle, photographe New-Yorkais, où nous avons pu accéder grâce à Agathe qui travaille maintenant pour Nylon, une revue de mode. CUIDENSE, HASTA LUEGO, et autre mexicanitudes de bonne augure.




samedi 22 novembre 2008

Une histoire de gazon en plastique.

Jules Renard a dit "Les absents ont toujours tort"... et vous aurez raison de penser: "Merci léo, mais tu n'es pas obligé de citer Jules Renard quand tu sors un proverbe populaire."

Je sourirais alors calmement et vous demanderais de ne pas me couper la parole :

Jules Renard a dit "Les absents ont toujours tort ... de revenir".
Je reviens au Mexique après l'avoir abandonné à son sort pendant 11jours... et je suis revenue!
Quand nous partions vers l'aéroport avec Claire, avec qui nous avons la folle idée de partir, et le culot de le faire, ce mercredi 29 octobre au matin, le conducteur du taxi était particulièrement bavard et curieux, sur notre pays, nos vie, la raison de nos exils...

Il a dit "vous partez aux Etats-Unis? Alors vous ne reviendrez pas, vous ne voudrez jamais revenir au Mexique" "Pourquoi? s'insurge Claire, bien sûr que si!"
Qu'est ce que fut alors New-York? Une parenthèse? Très certainement. Une parenthèse dans laquelle on aurait écrit en gras, italique et souligné, parce que, quand même, nous ne sommes pas n'importe où : nous (pause) sommes (pause) à (pause) New-York.
Avec toute l'insolence du monde, nous sommes à (New-York). Objection de mon propre ministère de l'intérieur (qui n'échappe pas à sa condition intrinsèque de perpétuel rabat-joie cynique): "Bon bah ca va aller Léo, calme ta joie, c'est pas comme si t'avais jamais voyagé".
Certes...mais si j'insiste c'est pour le Mexique.
L'enfant capricieux, bruyant et joyeux, l'enfant beau comme la terre et dont les yeux clignent, vous laissant voir en eux la mer des caraïbes et l'infini, le soleil et le froid, les ruines de son passé sous ses pieds, mais il tient dans la main la cloche espagnole dont le bruit résonne dans les fossés qu'ont vidé le passé. L'enfant dont la maison est de tant de couleurs, qu'un soleil au zénith, qui se posterait fièrement, ambitieux, orgueilleux, devant une averse tropicale, ne pourrait reproduire dans ce pédant cliché d'arc-en-ciel, aucune d'entre elles.
Mon enfant, nous te laissons, nous te reviendrons!
(Voyez vous ca, léo, Eléonore Hamelin, (je précise mon vrai nom pour tous les non-intimes qui m'espionnent avec raison ou déraison) se prend pour la mère d'une patrie, qui peut-être n'a pas de devise nationale, ce n'est qu'un enfant après tout ; qu'un enfant de 106 682 500 habitants et d'une superficie de 1 972 550 km². Beau (gros) bébé!)
Petit topo: j'ai découvert que la traduction d'"arc-en-ciel" mot plutôt simple de compréhension en français l'est beaucoup moins en espagnol : arco iris. Alors pourquoi "iris"? En référence au végétal, peut-être "plus de 210 genres de ces iridacées et plantes à bulbes, botaniques ou horticoles", bref l'embarras du choix, le même embarras qu'inflige l'arc aux artistes et pauvres décorateurs d'intérieur. Quelle misère.
Ou alors peut-être est-ce une référence à la mythologie Grecque, Iris, messagère d’HERA (sœur et femme de zeus : c’est dégueulasse, et déesse de tous les trucs de femme au foyer). C’est Iris qui s’occupait de l’entretien, cela dit, toujours à exécuter les ordres de sa patronne, faire sa toilette, par exemple, quand Héra rentrait des enfers, la gentille Iris l’enduisait de parfums pour la purifier. Elle faisait aussi des trucs un peu plus hors-norme : elle devait être un peu coiffeuse puisqu’elle coupait « le cheveu fatal » des femmes qui allaient mourir.
Bref. Pour le moment, pas de quoi casser 4 pattes à un canard, Iris n’est qu’une souillon !Pas si vite Papillon, voilà la réponse (très forts ces grecs) : Iris est représentée le plus souvent comme une gracieuse jeune fille, dont les ailes brillent de toutes les couleurs réunies ; l’arc-en-ciel, puisque c’était notre question, n’était au fait que la trace laissée par son pied lorsqu’elle descendait de l’Olympe jusqu’à la terre porter un message.
Fort heureusement, le climat mexicain n'impose pas à ses pauvres habitants ce genre de bran...Gymnastique intellectuelle, et pour cause, ils ont pensé à tout: le climat étant tropical, quand il pleut il pleut, quand il fait beau il fait beau.
Toujours est-il que Jules Renard nous provoque, décidemment, car il est vrai que nous étions bien à New-York... Le froid de la ville, son culot de mégalomanie, son charme, pourtant et sa population, belle et de toutes les couleurs (en deux mots le symptôme benetton) ; au fait son incroyable caractère nous a fait un moment oublier le Mexique.
Certes, nous répandions dans chaque couche où nous nous arrêtions de la Tequila et le récit de ce que vous offre une vie à Mexico, et pourtant...?
Me voilà, capable, plus que jamais, à faire mon putsch ici comme il se doit. Je vous rappelle que c'est tout de même le but suprême de toute cette entreprise, et que vous le vouliez ou non, vous êtes désormais complices...et prévenus. Et comme Jules Renard et les autres prétendent: "un homme prévenu en vaut deux", alors nous voilà plutôt nombreux à soutenir ma cause! Je m'en réjouis. Pour qu'une troisième intervention française soit une réussite, il faut considérer les erreurs passées. Etant une grande amie historique de Louis Napoléon de Bonaparte, devenu Napoléon III par admiration pour Tonton et parce qu'on n'est jamais un Bonaparte au pouvoir sans devenir un Napoléon, bref, étant sa grande amie je sais ce qu'il a mal fait.


Premièrement, le frenchie s'est dit "C'est la guerre napoléon'', il faut donc y aller. Profitons du bordel qui secoue le Mexique dans les années 1860, et je vais pouvoir y installer tranquille Emile mon pote Maximilien...Tout ca pour quoi? Une petite hacienda en guise de maison de vacances? Pourquoi pas...mais surtout me faire pote avec le Pape en lui disant que là-bas, les anglo-saxons ne mettront pas leurs vilaines pattes, ca sera un empire, oui, et un empire catholique, s'il vous plait! Agissant de cette manière notre ami Napo se mettait sa femme dans sa poche, cette sainte femme, car elle était très religieuse la bougresse. L’impératrice Eugénie Montijo, de surcroit, parlait espagnol puisque elle est originaire de Grenade (et pourtant croyez moi ca n'est pas une bombe: clap clap clap quelle bonne blague)Mais nous pouvons nous arrêter là : Le sot a donc fait un première grosse bêtise: écouter sa femme.
Croyez-moi, je ne tomberais pas dans le même panneau. (Tomber dans le panneau, quelle drôle d'idée, tomber sur, trébucher sur, se prendre le, mais tomber dans? mystère, hirondelle et papillon)
Autre bêtise : croire que les futurs rois du monde, j’ai nommé les américains, allaient laisser un empereur FRANÇAIS (AH LES CHIENS !) se mêler de ce qui ne le regarde pas, nos voisins et amis de chouille, les mexicains ? Avec la moustache qu’arborait alors Napo Très, c’était d’avance griller pour lui, les américain on filé des armes aux gros, et les gros on viré Napo, PLEIN GAZ ! Au fait, on a globalement gagné un peu partout, Napo et son peuple, à part une petite taloche militaire desservie à Puebla, mais qu’importe, le gros moustachu/barbu est rentré à la maison boire du pinard, et Maximilien s’est fait exécuter à Santiago de Guanajuato, où j’étais la semaine dernière : un village superbe ! Vraiment !
On perçoit donc BIEN EVIDEMMENT les deux autres erreurs commises par Napo : il a délégué ! Il n’a pas été suffisamment fort pour assumer qu’il allait faire un putsch à lui tout seul, alors il a fait comme siiii, au faiiiit, c’était pas vraiment lui mais aussi son pote Max qui voulaient se marier là- baaas, alors vous comprenez, comme ca, entre nous, on pourrait s’arranger… NON NON et NON. Un chef c’est un chef, et Napoléon aurait du dire haut et fort : « C’est MOI le chef ! C’est Moi qui décide si c’est le grillon au cauchemar».

Petit astérix : pour tous ceux qui ne comprennent pas mes petits dérapage avec Napoléon, je vous prie de bien vouloir aller vous renseigner en deux temps trois mouvement ici : http://www.youtube.com/watch?v=Gq_EvK8BAuw : je vous rassure c’est complètement idiot et génial.
Troisième erreur : Napo a sans doute voulu bien faire en portant la moustache, mais en réalité il s’est complètement Equivoqué ! Oui messieurs ! Car au Mexique on porte FIEREMENT la moustache, grande, petite, fine, taillée ou touffue, mais jamais O grand jamais, les mexicains ne porteraient à la fois la moustache ET LE BOUC ! Duo perdant !Et Napo a perdu.
Alors voilà. Revenons à nos moutons, pour m'actualiser un peu sur les méthodes impérialistes les plus efficaces de nos jours, rien de tel qu'un petit tour coté US en pleine période électorale. Voilà comment j'ai été à l'école pendant 11 jours chez les voisins... Et c'était incroyable! New York, la grande pomme (c'est justement comme m'appelle mon père): nous étions donc faits pour nous plaire!
Les 2 premiers soirs/jours nous nous planquâmes dans Harlem, dans une auberge de jeunesse pleine de jeunes. L’endroit était une vieille maison retapée avec plein de lits superposés, quelques canapés et casiers, et surtout avec des salles de bains d’époque. Autant dire qu’il fallait faire la queue le matin pour avoir la chance de prendre une douche avant 14h.Mais c’était très sympa, des jeunes cubains tenaient l’endroit, vraiment « buena onda » comme on dit chez les mexicains.
Et puis quelques jeunes paumés, un italien de 30 piges, des verres de lunette comme des culs de bouteille, qui veut devenir architecte aux Etats-Unis mais qui n’arrive décidemment pas à se mettre à l’Anglais…
Beaucoup beaucoup de français, ou de francophone, même des lyonnois, fou, l’un d’entre eux, en me croisant dans la cuisine a même osé « dis donc tu es lyonnaise toi non ? » HORREUR ET PERDITION. « Euh oui mais…MAIS POURQUOI TU DIS CA JE T’AI RIEN FAIS MOI !? ». Ma grande peur, de toute évidence, fut qu’il n’évoque alors un « accent lyonnais ». Heureusement, il s’abstint…en revanche sa réponse n’avait rien de plus étonnant (et donc effrayant), il ne m’a pas dit que je puais le Saint-Marcelin, certes, mais il a dit « tu t’habilles comme une lyonnaise ». Entre mes dents, l’incontournable « et ta sœur » a sifflé en silence. Gros nase va, ca s’habille comment une lyonnaise, ca se met des saucissons en ceinturon ?
Oui. Donc tout ca pour dire que New-York REGORGE de français de toutes parts, et pour cause, on n’y avait pas pensé, mais c’est la Toussaint.
Autre rencontres Harlemesque, bien que soyons peut restée à l’auberge, David M, un jeune poète et écrivain de livres de sciences-fiction pour enfant, habitant dans cette auberge par faute de moyens, hollandais, et ayant pour particularité de ressembler comme deux gouttes d’eau à Adrian Brodi, le même costume noir trop court au niveau des pieds. C’est lui ! Du coup j’ai accepté de lire ses poèmes… qui parlaient des thèmes très peu cliché de l’amour heureux et l’amour déchu, la politique qui mène au chaos, et l’envie d’ailleurs ou les corbeaux n’existent pas. Bon. N’empêche qu’il ressemblait à Adrian Brodi !
Donc nous voilà à traverser la bonne humeur de Harlem dans le soleil, boire des Starbucks le matin, et traverser Central Park à pieds. Le froid est là, il nous glace mais nous enchante, nous respirons comme nous ne respirerions pas au DF.
Nous sommes Vendredi, et ce vendredi n’est pas n’importe quel vendredi : c’est Halloween !Comme prévu, à partir de ce soir c’est Marianne qui nous accueille dans sa colloc, Upper East Side. Enfin qui m’accueille moi toute seule, car pour la première fois du voyage, nous déchirons notre duel avec Claire, elle va rejoindre un de ses amis avec qui elle passera la soirée, folle, je crois, dans une soirée minimale, circo loco et c’est toi le loco, nous la récupérerons que 48h après.
Quant à moi je débarque chez Marianne, son appart est très cool, elles sont trois filles dedans, et en plus il y a plein de petits fours car un apéro se prévoit ce soir même. Comme je n’ai pas eu la présence d’esprit de me ramener avec un déguisement, je vais où m’indiquent Marianne et ses collocs, au « rickys »… il est 18h, 19h peut-être, autant dire que le magasin ressemble à une aire d’autoroute au départ de la côte d’azur un 16août (dit la fille qui n’avait jamais conduit) (mais on se comprend) ; et je me cherche donc un accoutrement pour la soirée. Ce qui a de drôle dans ce magasin (et dans tous les autres), c’est le choix de costume pour fille.
Excusez-moi, car je vais être vulgaire, mais le choix, donc, se résume à ca : pompier-pute, femme de ménage-pute, infirmière-pute, Marie-Antoinette-pute, pirate-pute, sorcière-pute, policier-pute, prisonnier-pute, pute-pute, et nous y sommes. J’ai choisi : marin-pute. Le même chapeau que Popeye et un seule et même bout de tissu pour faire haut et bas…soit. J’ai quand même eu la décence de rajouter des habits un peu en dessous un peu au dessus, pour être reléguée au rang de mousse-pute. Suffisant !
Ce soir là, j’ai donc dit à Quentin que je le retrouvais. Quentin, parisien, voisin, collègue, complice de chouille, de gueule de bois, de voyage en caddie et de bulle de savon, joie de revoir sa tête d’égyptien, descendant du grand rabbin d’Alexandrie, parait-il. Chez lui, d’autres têtes blondes bien connues de Sciences-Po, et des bons cds de « électro hamburger » mixée par son colloc, qui , soit dit en passant, aime beaucoup les chiens, et d’ailleurs il y a des chiens dessinés dans la salle de bain. Oui monsieur.
Je ne devais passer que pour l’apéro, mais je passerais finalement la soirée, faisant imbécilement l’impasse sur ce qu’il se passe alors dans l’appart de Marianne, mais ainsi va la vie. Je rigole bien, et puis il y a un pirate, un curé, un Beatles-tout-seul, Bonnie sans Clyde, Miss last minute, et j’en passe des plus vertes et des moins mûres.Toujours est-il que le plus drôle de l’histoire se situe sur le chemin du retour : déjà, au lieu de marche tout droit vers le métro, comme une jeune femme m’avait contraint à le faire, je suis aller manger une pizza avec trois inconnus très sympathiques.
Et puis j’ai eu envie de faire ma sieste, après tant de gras, (pas comme si le Mexique m’y avait mal habitué, mais le Mexique m’a aussi habituée à faire la sieste) alors j’ai pris un Taxi. En arrivant devant la porte, j’ai sorti le trousseau de clé que Marianne m’avait gentiment confié en étant très très claire : « tu tournes à vers la gauche, pas vers la droite » elle m’avait même fait essayer. Mais je ne sais pas, ce soir là, mon cerveau était déjà sous son sombrero en train de dormir, alors j’ai tourné à gauche. Et comme ca ne marchait (évidemment) pas, j’ai tourné plus fort et plus fort et encore plus fort. Popeye a du s’emparer de moi un instant car sans même que je ne me rende compte, CLACK, la clé était cassée en deux… un bout dans ma main, l’autre dans la serrure.
Oh, la boulette
Je suis donc restée plantée devant la porte, sans trop savoir quoi faire. J’ai commencé à regarder la liste des noms des habitants de l’immeuble sur l’interphone, en pensant que peut-être l’un d’entre eux aurait écrit à coté « vas y tu peux sonner chez moi a 4h du mat’, j’suis sympa »… mais non.
Enfin en tout cas, pas dans le début de la liste. Quand j’étais à peu près au milieu de la liste, un homme, la trentaine, costard, est arrivé.Je me morfonds en excuses malhabiles « I’m sorry but the key broke, and now it’s stuck and… ».
Il regarde.
Puis il tourney des talons en me lançant “I’m going to look for some tools ».
Des outils?
Mais? Il est 4h du mat, il y a rien dans la rue là ? Je reste la bouche ouverte et les bras ballants sur le pas de la porte, ahurie par la remarque du voisin et par ma propre condition, très inconfortable.
Mac Gyver reviens, évidemment sans outils, et dit « I couldn’t find any tools ». J’ai toujours la bouche ouverte et les bras ballants… Cet homme est-il saoul ou juste complètement allumé ?
Toujours est il qu’il s’est penché sur la serrure, que je venais de triturer avec une épingle a nourrice de la taille – atypique- d’un double décimètre, et avec sa main, hop, comme ça, nonchalamment, il a retiré le morceau de clé qui obstruait la serrure. Ma bouche se bée encore plus.
Il peut alors y mettre sa clé –intacte, quelle chance- et ouvrir, tout en me laissant passer. Je suis un peu plus habile avec la seconde porte, je rentre, personne n’est là, j’enfile mon sac de couchage orange comme la limace, et entame enfin ma sieste mexicaine avec un sourire d’enfant.
Le lendemain, je me suis réveillée, ce qui a soulagé Marianne qui a cru que j’étais morte dans le canapé du salon – qui s’était replié sur moi pendant mon sommeil (ou alors je ne l’avais pas déplié ?)
(J’ai toujours été très mauvaise pour déplier les clics-clacs. Et je déteste qu’on me dise « mais c’est simple…clic, puis clac...comme son nom l’indique ». Ouais. Bah moi je ne sais pas faire. C’est une incapacité physique, merde, un peu de tolérance ! Est-ce que vous avez déjà dit à un cul de jatte : « mais c’est simple, mets un pied devant l’autre »)

Bon. J’ai donc partagé un petit dej interminable avec Marianne – de toute façon il n’u a plus d’eau chaude, et avec le froid qu’il fait, on peut bien s’éterniser avec des Corn Flakes. Nous nous sommes raconté nos vies avec une simplicité à la fois étrange et exquise ; puis on s’est bougée dans le lower east-side, vers Soho, à la recherche de beaucoup de jolies choses. Par un miracle, Claire a réapparu dans la soirée, elle me raconte ses exploits en s’engouffrant une part de pizza, je déguste.
Le lendemain, un réveil en musique. Tiens ? C’est dehors. On comprend en sortant de l’immeuble, dans la rue adjacente, des gens courent tous en file, avec un numéro sur le dos. Ca n’est pas le salon de l’agriculture qui se produit en plein air, c’est le marathon de NY. On doit le contourner, on va prendre un brunch un peu plus loin avec Marianne, Claire, Mylène et un de ses amis.
Qu’on ne se demande pas après ce brunch pourquoi j’ai philosophé pendant 15h30 sur le retour à New-York. Parce que dans le mot « dépayser » on voit bien qu’on nous enlève d’un pays, mais il y a plusieurs niveau… et là nous sommes dans un établissement français en train de manger du fromage ! C’est dimanche, et le seigneur devait être de bonne humeur, je bâfre mon brie avec un appétit dé-brie-dé.
Mais Harlem nous manque déjà et nous y retournons pour la messe gospel de 15h. Après avoir traversé la ville dans le froid saisissant, nous nous retrouvons devant une église à la porte fermée. Le Seigneur n’était peut-être pas de si bonne humeur, et même pour l’asile politique de deux jeunes filles doublement jetées hors de chez elle, d’abord de la patrie des Droits de l’Homme, puis de la patrie des Gauches de l’Homme, perdues, congelées,…nous perdons espoir : nous rentrons dans un bar. Sans faire exprès, nous rentrons dans un bar génial, le Union Black je-ne-sais-quoi, où se joue un concert de jazz dans une ambiance tamisée qui nous réchauffe les oreilles et le cœur.
Les serveurs sont géniaux, l’un d’entre eux me parle de Lyon et de son amour pour la ville (dis donc, c’est bien la première fois depuis 5 mois que je parle autant de Lyon avec des étrangers), l’autre a le visage joyeux, son regard n’est qu’un gigantesque sourire. On rit, il fait des blagues, ho ho ho, tout ca. Et puis, « comme on vient du Mexique » il nous offre un shot du Téquila, qu’on est bien obligées de boire. « Mais il est 16h là… » « Et alors ? T’arrive du Mexique ou non ? » Il s’appelle Omer (comme dans les Simpsons mais sans le H) et il est Israelien, et si vous voulez son numéro je dois pouvoir le retrouver derrière la carte du bar qu’il m’a glissée innocemment sur le comptoir avec un clin d’œil.
Bref. Petit aparté très sympa, mais on a quand même fini par s’en aller, ré affronter le froid avec un peu d’alcool dans le sang, qui ne connait pas cette technique ancestrale ? (eh bien les Mexicains pardi ! Qui n’affrontent pas le froid, mais qui, plutôt, vous font l’affront d’être tout le temps chauds). (Léo c’était médiocre ca).
Nous nous sommes baladées selon les vœux de mon père, Al, qui m’avait envoyé un petit mail « ma puce, il faut que tu ailles sur Staten Island à la tombée du jour, et que tu reviennes tout de
suite après vers Manhattan. Tu vivras alors l’émotion qu’ont vécu les premiers migrants aux Etats-Unis ».
J’ai apprécie l’envolée lyrique de Al… mais si je peux me permettre de lever le doit timidement, Papa…tu pensais à quoi ? Penses tu vraiment que les premiers migrants avaient devant eux les plus grands buildings du monde, illuminés et illuminant la ville entière ? Non. Bon. Mais l’émotion y était, le froid aidant, la nuit tombant, et tout le tsointsoin. Et j’ai obéit à Papa. Alors j’étais fière de moi à distance et par procuration.
Nous avons ensuite fait un saut pour récupérer nos affaires et filé chez Chris, une amie de Claire de Paris qui bosse ici à NY et qui était ok pour nous héberger le reste de notre voyage. On arrive devant le 45, Orchard Street, et je scrute l’interphone selon les indications de Claire. Sortent une jeune fille et un guitariste, elle nous indique le chemin, puis réalise que je suis peut-être son hôte, voit Claire, réalise pour de bon, et nous laisse monter en avant, elle raccompagne son pote. On toque à la porte du 7e étage gauche, avec nos valises et notre style de manouche en temps de grands froid… 5 mecs sont dans un salon en train de jouer à la playstation « on est des amies de Chris ». Ils nous laissent rentrer, pas passer devant la TV, faudrait pas déconner, mais en tout cas c’est un appart qui à l’air canon, et tout le monde commence déjà à nous chambrer : on risque de se marrer.
On fait le tour du propriétaire, c’est un appart canon, il y a même des murs en brique rouge et un poster de Chirac, 5 collocs, à la base, mais au final 12 habitants, ils recoivent beaucoup ces temps ci, et puis à l’étage, il y a une graaande terrasse, c’est ouf !
Pas le temps de dire ouf que nous sommes prises en charge, discutons et blablassons, nous retrouvons à une grande table dans un restaurant Argentin (qui à l’incroyable toupet de mettre à son menu du jour « RECESSION MENU »). Dîner très sympa, marrant et plein de rencontres… notre entourage nous change de notre ambiance « étudiant dégueulasse au Mexique », et c’est assez grisant.
La semaine s’est rythmée de soirées complètement folles, de brunch réparateurs et de visites éprouvantes… les musées, les rencontres incongrues, beucoup de discussions avec Claire, et les fous rires. On a bien exploité le Lower East Side, on a été faire nos idiotes à la patinoire, commencé en s’accrochant aux rembardes, puis l’un à l’autre, puis toute seule et à deux à l’heure, et enfin, les cheveux au vents, zouh, vas y que je dépasse tout le monde, et hop, vas y qu’on se mette à discuter en même temps, et VLAAAN vas-y que léo se pète la gueule en avant, boum sur les fesses, trempée, éclatée de rire, mais blessée, et derrière moi « Oh non, pas toi ! toi tu es tombée, non, non, pas toi pas toi ». Je fais un grand sourire (Et ta sœur elle est tombée ou pas ? Personne n’est parfait. Ou plutôt, personne n’est parfait depuis que je me suis vautrée sur mes patins. Une chance qu’on ne m’ait pas roulé sur les mains en coupant mes doigts, je serais alors incapable d’écrire un nombre pharamineux de conneries ici-même (j’aurais dis « ici bas » si je me prenais vraiment pour une divinité, nous donc avons évité le pire) (Pardon).
Soyons bref et professionnel : c’était comment NY ? C’était génial. Voila, point barre, à la ligne.
Oui, je reviendrais, mais quand je serais riche.
Petite anecdote, tout de même : nous avons fais une pause chez une voyante, qui nous à lu les lignes de la main, et également notre « psychisme » (c’est celaaaa oui).
Pour Claire ca a donné, en deux mots et trois mouvements : Une carrière étonnante, de l’argent, que du positif, un mariage, 2 enfants, une petite fatigue passagère (tiens c’est marrant elle voit aussi les cernes cette dame), et quant à la recherche interminable de l’homme idéal, et bien il arrivera au printemps ! Et son nom commencera par un J … (comme Jim, Jack, John…enfin tous les anglosaxons en sommes… ou bien Janot, Jacob, Jordy, Jean-René, José ou Joël) Et j’oubliais : elle s’installera à NY.

Quant à moi… je suis également fatiguée (qu’est ce que j’ai fais de mon anti-cerne ?), j’étais triste il y a 6 mois (juillet, le début de l’exil, pourquoi « triste » ?), et je vais avoir une nouvelle incroyable dans deux semaines, par mail ou téléphone.
L’ironie du sort a voulu que les deux semaines se soient écoulées jeudi dernier, et que ce jour là je me soit fait voler mon téléphone portable (non qu’il fut très sexy, mais il était dans ma veste en cuir qui l’était assez). Donc voilà. Je ne saurais jamais. (Moi qui pensais que les parents m’appelleraient pour m’annoncer la mort du chien, ca sera pour plus tard). Dans les jours et mois à venir, l’argent sera là, mais aura l’insolence « de ne pas se multiplier ». Dommage
Elle me conseille de laisser la politique et de préferer quelque chose de plus universitaire, d’écrire des livres.
Je voyagerais tout le reste de ma vie, et j’aurais 3 enfants merveilleux et aimants.Quant à l’homme de ma vie (tout le monde retient son souffle)… et bien… (ca me fait mal de le dire), il sera « latin ». Je souris. Enfin, je ne réagis pas. C’est bien latin, non ?
Mais non, elle veut dire « mexicain », ou autre « d’amérique latine ». Je la regarde du genre : « change tout de suite d’avis tu veux ou je ne paye pas la consult’ », mais non, elle ne change pas d’avis… un mexicain ? Mais ! J’ai promis à Grand-Père que je ne ramènerais pas un mexicain ! Et j’ai signé !
J’ai un visa à condition de ne pas avoir d’activité rémunérée ou de me marier à un Mexicain (ce qui est un peu la même chose) J’AI SIGNE !Bon. Et bien ca sera un latin… (Après tout pourquoi pas, Gabriel Garcia Bernal est bien mexicain et je veux bien qu’il soit l’homme de ma vie… quoique à la réflexion, je lui prends quand même 5cm à Gab…) D’autant que son nom devrait commencer par un M ou un R. (Miguel, Marcelo, Mauricio, Raul, René, Ramon, …)

Finalement on dit bien que « l’herbe est toujours plus verte chez les voisins ».

De toute façon, elle a dit que je rencontrerais l’amour cet hiver, ce qui tombe un peu en contradiction, puisque cet hiver sera français ou ne sera pas. (ah ? Romain, Raoul, René, Roger, Robert… ou Maxime ? MAXIMILIEN ! Oui ! Le pote de Napoléon ! Voilà l’homme qu’il me faut,
Maximilien 1er du Mexique ! …)

Quel bel homme.


Quoique je passe aussi par le Pérou, et je pourrais m’éprendre d’un coup de foudre pour un péruvien (qui sont très beaux dans les films) recouvert de poils de Lama et de plusieurs bonnets.Finalement, il aura intérêt à être coriace car je vivrais vieille, (mes rêves d’ado de finir comme Jim Morrison dans sa baignoire se fanent), et je n’ai donc pas fini de vous casser les pieds.

Sur ces belles paroles, même si Jules Renard à dit que les absents ont toujours tort de revenir, alors je lui ré-tort-que que non seulement je suis retournée au Mexique, mais qu’en plus je reviendrais en France, et que l’herbe nous parait toujours plus verte chez les voisins, jusqu’à ce qu’on se rende compte que c’est du gazon en plastique.

En revenant ici j’aime autant que je peux mes après-midis au soleil, mes voyages, les rues pavées très très mal, l'accueil et l'humour des mexicains, les bâtiments tordus, les volcans au loin, enneigés, l’absurde, les karaokés et le gras des tacos. Il faut se dire plus souvent que dans le mot « découvrir » on peut aussi inclure « dévoiler quelque chose uqi a toujours été là, mais que l’habitude cachait à nos regards » (Arthur Koestler)

(Promis quand j’aurais des choses à dire je cesserais de citer des inconnus plus connus que moi.)
Maximilien, mon amour, MAMOUR, Maman, et tous les autres, je vous embrasse fort ; il faut que je consacre le reste de mon temps à visiter le Mexique, la semaine dernière les superbes villes de Queretaro, San Miguel de Allende et Guanajuato (classée au patrimoine de l’unesco), demain Taxco, bientôt Malinalco, puis ce sera le Pérou et ses lamas.

Chaaaat.
« Il n’y a rien de définitif en nous, et qu’il est vain et futile d’essayer de rechercher qui on est : on ne découvrira jamais qui on est, ce qu’il faut c’est découvrir où on veut aller, ce qui est beaucoup plus intéressant » Théodore Zeldin.